Publié le Vendredi 9 octobre 2026 à 09h00.

Plus l’Europe raciste se ferme, plus elle tue

Le 17 septembre, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), affiliée à l’ONU, publiait les données qu’elle a recueillies sur les arrivées de migrantEs en Europe. Une terrible confirmation de la politique criminelle des États capitalistes européens.

 

L’OIM constate depuis le début de l’année une importante chute du nombre de migrantEs et réfugiéEs ayant pu arriver en Europe par la voie maritime : près de 60 000 au lieu de 98 040 au cours de la même période en 2025. Soit une baisse de 39 % (une baisse même de 55 % pour la route de la Méditerranée centrale, vers l’Italie).

Un résultat devant satisfaire les États européens qui, depuis des décennies, aggravent les mesures pour contrôler et réduire les « flux migratoires ». Au prix de la mort de plus en plus d’exiléEs en provenance de pays sous dépendance néocoloniale ! Selon l’OIM, ce sont les routes migratoires pour rejoindre l’Europe — l’Atlantique et la Méditerranée — qui sont même les plus meurtrières au monde. Elle comptabilise au moins 2 292 personnes mortes ou disparues contre 1 999 sur la même période l’an dernier. Des chiffres officiels… On ne peut que craindre une sous-estimation de la réalité du crime de masse.

 

Stop au massacre ! Ouverture des frontières !

Les organisations de défense des migrantEs alertent depuis des décennies : plus les frontières des pays occidentaux se ferment, plus les migrantEs empruntent des routes de plus en plus dangereuses qui les exposent à toujours plus de surexploitation, de violence, de viols, de meurtres. Rien n’empêchera jamais l’humanité de migrer.

Néanmoins, et en toute connaissance de cause, l’Union européenne (UE) et ses États membres n’en finissent pas de durcir leur politique migratoire criminelle et de l’élargir en la sous-traitant à des pays tiers en situation de dépendance qui, moyennant finances, se chargent du sale boulot de l’UE. L’OIM en donne un exemple avec les garde-côtes libyens qu’elle suit : entre janvier et mi-septembre, ils ont intercepté 17 067 exiléEs. Ces garde-côtes sont par ailleurs connus pour commettre des meurtres à l’occasion de leurs interceptions. La récente mise en application du Pacte européen sur la migration et l’asile (l’Anticapitaliste n° 706) ne fait qu’annoncer une aggravation du massacre.

 

Stop à la banalisation du racisme et de ses crimes ! Solidarité !

Malgré leur caractère particulièrement grave, les données publiées par l’OIM sont passées inaperçues dans la « grande presse » et n’ont pas suscité de réaction, même à gauche. Dernièrement, le 25 septembre, ce sont encore cinq migrants qui se sont noyés en tentant de traverser une rivière à la frontière entre la Croatie et la Slovénie. Le 28, au large de Wissant, près de Calais, un enfant de dix ans et deux femmes sont mortEs dans le naufrage de leur canot où s’entassaient plus de cent personnes… Des faits divers ?!

La banalisation du crime inhérent à la politique migratoire européenne raciste ne peut qu’inquiéter. D’autant que la campagne présidentielle qui s’est ouverte en France va voir droites et extrêmes droites rivaliser de proclamations contre les migrantEs. Le racisme est au centre de la fascisation que connaît ce pays comme nombre d’autres pays capitalistes. Une gauche qui veut vraiment combattre l’extrême droite doit mettre au centre la lutte contre toute forme de racisme et pour une défense intransigeante des migrantEs : liberté de circulation et d’installation ; régularisation de toutEs les sans-papiers ; égalité des droits, dans tous les domaines. Et mobiliser de toute urgence : aucun crime raciste ne doit rester impuni !