Publié le Jeudi 15 octobre 2026 à 12h00.

Mobilisations 17 octobre : toustes ensemble pour élargir la révolte !

Depuis trois semaines, les lycéenNEs bousculent la situation politique. Les manifestations des 6 et 13 octobre ont réuni chacune près d’un demi-million de personnes.

 

Ni la brutalité policière ni les fermetures de lycées n’ont étouffé la mobilisation. Cette jeunesse redonne confiance à celles et ceux qui refusent de subir. Le 17 octobre, transformons cet élan en une riposte commune aux attaques du gouvernement.

L’élan lycéen

Derrière les blocages, il y a des cours sans professeurE, des classes surchargées, des bâtiments dégradés et des journées épuisantes. Cette lutte pour les conditions de travail des lycéenNEs met en cause une école qui distribue inégalement les moyens et les possibilités d’avenir. Parcoursup et les orientations imposées aggravent ce tri. Les jeunes des quartiers populaires refusent que leur adresse ou leur origine supposée détermine leurs droits. Leur révolte oppose à la fascisation une aspiration à l’émancipation : des mineurEs n’attendent pas de pouvoir voter pour agir (lire pages 6-7).

Le gouvernement traite ces adolescentEs en ennemiEs. Au 8 octobre, 6 877 gardes à vue étaient recensées, dont 5 890 concernant des mineurEs. Aux mutilations s’ajoute le lock-out de plus de 400 lycées. Une partie des médias couvre cette violence en réduisant le mouvement aux incendies et aux affrontements (lire pages 6-7). La détention de Ritchy Thibault, militant contre l’antitsiganisme interpellé après une prise de parole devant des lycéenNEs, montre que la ­répression frappe aussi leurs soutiens (page 3). Sa libération, l’amnistie des jeunes et le départ de Nuñez et Geffray sont l’affaire de tout notre camp.

Des combats à unir

Alors que le budget 2027 arrive en séance à l’Assemblée, les revers subis en commission ne doivent pas faire illusion : les députéEs repartent du texte gouvernemental. L’« effort » annoncé atteint 54 milliards d’euros, dont 43 milliards de mesures nouvelles. Retraites, prestations sociales, santé et services publics sont visés, tandis que les armées recevraient 6,4 milliards supplémentaires. Les manques dénoncés dans les lycées procèdent de ces choix de classe. Aux salariéEs de les combattre avec leurs propres exigences : hausse des salaires et des pensions, blocage des prix, emplois et moyens pour les services publics, financement pris sur les profits.

L’austérité compromet aussi la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Après le vote du 13 octobre, la « loi intégrale » reste loin des demandes féministes et enfantistes. Les financements promis ne sont pas garantis. Sans personnels, sans hébergements et sans ressources pour quitter un conjoint violent, les droits restent largement inaccessibles. Les moyens de la prévention et de la protection des victimes font pleinement partie de la bataille budgétaire (page 5).

Les drapeaux palestiniens dans les manifestations disent aussi le refus d’un avenir fait de guerre et d’oppression. Face au génocide et à la complicité française, notre solidarité doit imposer l’arrêt des livraisons d’armes à Israël (page 4). Construire ce camp de la solidarité exige également de barrer la route au RN. Le 24 octobre, retrouvons-nous à Orléans contre son congrès, avec les syndicats, associations et organisations politiques réunis dans un large appel unitaire (page 3).

Le 17, rassemblons nos forces !

Soixante-cinq ans après le massacre du 17 octobre 1961, réclamer vérité et justice, c’est aussi contester le racisme d’État qui persiste aujourd’hui (page 5). 

Faisons du 17 une journée où se rejoignent les lycéenNEs, les salariéEs et toutes les luttes contre la vie chère, les discriminations et la répression. Les vacances commencent ce jour-là : gardons le contact pour préparer la reprise des blocages à la rentrée. Dans les entreprises, organisons la grève sans attendre le calendrier scolaire. Fixé trop loin au départ, le 5 novembre peut maintenant devenir un rendez-vous pour entraîner de nouveaux secteurs. D’ici là, multiplions les assemblées et les échanges.

Le 17 octobre, prenons la rue ; le 5 novembre, faisons grandir la grève !