Publié le Mercredi 21 octobre 2026 à 12h00.

RN : raciste, antisocial, réactionnaire et toujours fasciste : toustes à Orléans le 24 octobre !

Du voile aux budgets, de l’antisémitisme à la répression, l’actualité rappelle la nature du RN à qui aurait voulu l’oublier. Son congrès des 24 et 25 octobre à Orléans doit être l’occasion d’une riposte massive.

Interdire le voile dans la rue, sous peine d’amende : le RN a donné le ton dès la rentrée. Sous couvert de laïcité, il veut organiser la traque des femmes musulmanes portant le hijab, leur interdire l’espace public à moins qu’elles ne se dévoilent. Le racisme, islamophobie en tête, est le fondement de son projet. La « préférence nationale » promet de répondre aux attentes sociales en privant de leurs droits les personnes étrangères, et à travers elles toutes les personnes racisées (lire notre dossier pages 4 et 5).

 

Le RN reste un parti fasciste

Les articles de Mediapart sur les écrits antisémites de Jordan Bardella ont confirmé la supercherie de la « dédiabolisation ». Le président du RN dénonce des faux, tandis que ses défenseurs invoquent des erreurs de jeunesse. Cette défense contradictoire (il ne l’a pas dit et, s’il l’a dit, ce n’est pas grave) n’a rien d’une maladresse. Elle relève d’un dispositif de double discours déjà à l’œuvre quand Bardella niait l’antisémitisme de Jean-Marie Le Pen avant de se rétracter, ou quand Marine Le Pen regrettait d’avoir exclu son père.

Si l’islamophobie s’affiche, l’antisémitisme, qui continue de structurer la vision du monde du RN, doit se masquer. La stratégie du RN exige ce double jeu : dissimuler pour asseoir sa respectabilité médiatique tout en rassurant la galaxie néonazie, identitaire et nationaliste révolutionnaire qui lui reste liée. Ces liens ne sont pas seulement idéologiques : François Paradol, directeur de cabinet de Bardella, est un ancien du mouvement d’Alain Soral, et les réseaux de l’ancien GUD continuent de travailler pour le RN. Rien de tout cela n’empêchera Bardella, seul candidat, d’être reconduit sans difficulté à la présidence du parti lors de ce congrès.

 

Antisocial et réactionnaire

Les débats budgétaires suffisent à démentir la fable du parti des classes populaires. Le 6 octobre, Marine Le Pen a promis 140 milliards d’euros d’économies à l’horizon 2032 et une « règle d’or » constitutionnelle pour imposer la réduction de la dette. Pour rassurer les marchés, elle a annoncé 36 milliards de réduction des dépenses hospitalières en cinq ans et 15 à 20 milliards sur les retraites, avec un nouveau pilier par capitalisation. Dans le même temps, le RN défend la baisse des impôts de production et des cotisations, et s’oppose à la taxation des hauts patrimoines : les classes populaires paieront, les profits seront protégés. 

Son prétendu souci des femmes obéit à une logique raciste et réactionnaire : attaques contre le Planning familial et les droits des minoriséEs de genre. Les violences sexistes ne l’intéressent que pour désigner les hommes noirs, arabes ou étrangers comme des menaces. 

 

Le parti de l’ordre

Face aux lycéenNEs en lutte et à l’immense mobilisation sociale du 17 octobre (lire page 3), le RN choisit le camp de la répression. Bardella promet d’être « par principe » du côté des forces de l’ordre. Il fustige l’« ultragauche » et les « prédateurs de banlieue ». Le 19 octobre, il a même dénoncé une « armée du crime », reprenant la formule de l’Affiche rouge placardée par l’occupant nazi contre le groupe Manouchian. Son parti réclame des peines planchers et la suspension des allocations familiales pour les parents de mineurEs multi­récidivistes. Aux revendications d’égalité, il oppose l’ordre policier et la punition des familles populaires.

Que le gouvernement et la droite reprennent toujours plus son programme ne rend pas le RN moins dangereux. Le FN/RN n’est pas un parti comme un autre.

Le 24 octobre à Orléans, dans nos quartiers et dans les luttes, opposons-lui la solidarité, l’égalité des droits et la mobilisation de notre camp social.