Publié le Mercredi 23 septembre 2026 à 18h00.

Grève de la Fonction publique du 29 septembre : ce n’est qu’un début  ?

Le 29 septembre, l’ensemble des organisations syndicales de la fonction publique appellent les agentEs à se mobiliser et à se mettre en grève pour leurs salaires, leurs conditions de travail et pour la défense des services publics. 

 

Traditionnelle journée de rentrée ? Début d’un automne social ? Pour le moment, il est trop tôt pour le dire. Mais cette journée de mobilisation doit être une réussite pour construire le rapport de forces face à Lecornu et Macron.

Urgence sur les salaires !

862 000 ! C’est le nombre d’agentEs de la fonction publique d’État qui ont basculé sous le SMIC au 1er juin 2026. L’État employeur doit donc verser à plus de 15 % de ses agentEs une indemnité compensatoire pour ne pas être hors la loi. 

Et alors que tous les prix sont à la hausse, principalement dans l’alimentaire, Lecornu a déjà annoncé que le Projet de loi de finances (PLF) 2027 prévoirait de nouveau un gel du point d’indice. Depuis 25 ans, les agentEs publics ont perdu près de 30 % de leur rémunération. Si les rémunérations avaient suivi l’inflation depuis 2010, unE catégorie C gagnerait 450 € de plus, unE catégorie A 872 € ! Une situation qui ne peut plus durer très longtemps et qui doit être le moteur de la grève du 29 septembre.

Défendre les agentEs publics, défendre les services publics

Les agentEs publics, comme toustes les travailleurEs, connaissent des conditions de travail dégradées et des attaques contre leurs droits. Ces cinq derniers mois marqués par des canicules ont non seulement eu un impact sur la santé des personnels, mais ont aussi mis en évidence l’état du bâti, notamment dans l’Éducation nationale et dans les facs, où des millions de personnels et d’usagerEs ont suffoqué. 

Lecornu a déjà annoncé 54 milliards d’euros d’économies dans le PLF 2027 et, hormis ceux de la Défense et des forces de sécurité, les budgets des services publics vont de nouveau être rabotés. Des budgets en baisse, couplés au non-remplacement des départs à la retraite des fonctionnaires : un cocktail explosif dans toutes les administrations, qui dégrade les conditions de travail et la qualité des services publics et permet ensuite de justifier les privatisations et l’externalisation de pans entiers des services publics. 

Pour couronner le tout, le gouvernement s’attaque une fois de plus aux femmes et aux malades. Au 1er janvier 2027, un décret instaurera un nouveau régime d’autorisation d’absence pour les parents d’enfant malade, notamment. Sous couvert d’« égalité », le gouvernement harmonise les droits par le bas en n’autorisant plus que six jours d’absence. Depuis le 1er septembre, les arrêts maladie sont déjà davantage contrôlés et les prescriptions médicales limitées dans le temps. Avec la rémunération réduite à 90 % depuis l’an dernier et le maintien des jours de carence, le gouvernement fait le choix de taper sur les malades au lieu d’agir sur les conditions de travail qui provoquent l’épuisement et portent atteinte à notre santé.

Une date qui doit en appeler d’autres

Cette mobilisation va se tenir dans un contexte social et politique inhabituel : dernière rentrée des classes pour Macron, un été caniculaire qui a provoqué des milliers de morts et eu des effets réels sur la santé des gens, des mobilisations dans plusieurs secteurs ces derniers jours (énergie, marins-pêcheurs, facs, santé…), les manifs climat du 26 septembre, la mobilisation des pompiers et des SDIS les 26, 27, 28 et 29 septembre… et une hausse des prix des carburants et des produits alimentaires qui n’est pas près de se résorber et qui agira peut-être comme une étincelle de la colère sociale. 

Très rapidement après le 29 septembre, il s’agira donc de mettre à l’ordre du jour, dans la fonction publique comme dans le reste du monde du travail, la construction d’un mouvement puissant pour gagner sur nos revendications.