Après près de onze mois de mobilisation, les travailleuses et travailleurs du Louvre ont obtenu, jeudi 29 octobre, un accord sur les conditions de travail, l’accueil du public et les salaires. Une victoire arrachée par la grève et une pression maintenue dans la durée.
Le mouvement engagé le 8 décembre 2025 s’inscrit dans un contexte de sous-financement structurel de la culture et du patrimoine. Le vol des bijoux du Louvre avait révélé les problèmes de sûreté et de sous-effectif. Mais les difficultés étaient anciennes : manque de personnel, vétusté des bâtiments, faibles rémunérations et écarts salariaux inacceptables au sein d’un même établissement.
Des salaires faibles, des inégalités criantes
Dans un ministère aux salaires particulièrement bas, le gel du point d’indice et la vie chère pèsent lourdement. Les grévistes dénonçaient les écarts de rémunération entre les personnels de la filière accueil, surveillance et magasinage (ASM), notamment les catégories C, les moins rémunérées, et ceux des autres filières. Les différences de primes peuvent atteindre plusieurs centaines d’euros selon que les agentEs sont employéEs par le Louvre ou par le ministère.
La multiplication des statuts, entre titulaires, contractuelLEs et même « indépendantEs », mais aussi des filières, des métiers et des tutelles, constitue une usine à gaz administrative. Elle entretient des inégalités salariales entre des personnes travaillant côte à côte. Dans la France de Macron, avec la vie chère, il y a de quoi péter un plomb !
Un patrimoine mal entretenu
Le manque d’investissement dans les bâtiments met en danger les visiteurEs comme les agentEs. Risques d’inondation ou d’incendie, accès empêchés pour les personnes à mobilité réduite, défaillances de sûreté : les alertes s’accumulent. Du Louvre à la BnF, les personnels font fonctionner des établissements dont l’entretien est sacrifié.
Le Louvre accueille pourtant des millions de visiteurEs chaque année. Ce fleuron du patrimoine « national », enrichi d’œuvres pillées, achetées ou récupérées dans le monde entier, est une vitrine pour les gouvernants. Mais pour financer les emplois, les salaires et l’entretien, les caisses seraient vides ! Difficile à entendre pour celles et ceux qui font vivre le musée.
Une vraie victoire…
Grâce aux journées de grève et à la pression continue pendant près de onze mois, un accord a été signé le 29 octobre.
Les équipes d’accueil et de surveillance seront renforcées, avec jusqu’à cent agentEs en 2027 et de nouvelles arrivées garanties en 2028 et 2029. Les contractuelLEs seront accompagnéEs pour pérenniser leur emploi.
La direction devra réduire le nombre maximal de visiteurEs en cas de surfréquentation ou de travaux. La réservation sera obligatoire aux périodes chargées et la priorité aux sorties scolaires garantie. Réparations, rénovation et équipements de sécurité et de sûreté devront être prioritaires.
Les agentEs d’accueil et de surveillance obtiennent une hausse de leur prime annuelle, l’IFSE : 350 euros en 2026, puis 200 euros supplémentaires en 2027. L’accord prévoit aussi de travailler à un rattrapage salarial pour l’ensemble des métiers.
…qui doit en appeler d’autres
Les salariéEs ne sont pas dupes : on est encore loin du compte. Il faudra rester mobiliséEs pour faire respecter ces engagements. Mais les avancées arrachées auront un effet réel sur les conditions de travail et les salaires. Une première victoire peut en amener d’autres et donner des idées ailleurs.
Reste à obtenir le retrait de la mesure raciste de tarification différenciée entre les visiteurEs de l’Espace économique européen et les autres. L’accès à la culture doit être garanti à toustes.
La mobilisation générale en cours est l’occasion de poursuivre la lutte avec les travailleuses et travailleurs de la culture : pour les budgets, les salaires, les embauches et les services publics.
Pégard, Lecornu et Macron, démission ! Leur politique d’austérité, au pilon !