Publié le Vendredi 30 octobre 2026 à 12h00.

Travail de masse et antiracisme politique 

Une organisation marxiste vise la transformation révolutionnaire par la mise en mouvement des prolétaires :dans cette perspective, elle met en place un« travail de masse » qui vise à accroître la conscience de classe des travailleurEs pour qu’elle accomplisse sa mission historique. Traditionnellement, cet objectif a souvent présenté l’antiracisme comme un acquis (déjà induit par les luttes« sur les lieux de travail », voire les luttes  syndicales qui seraient par elle-même antiracistes car unitaires) ou comme une action spécifique, comme un supplément d’âme ou une manière d’ajouter une activité pour« compléter » la mise en mouvement d’un camp social élargi. La priorité que notre organisation donne à l’antiracisme politique exige une actualisation de ces« habitudes » qui ont minoré la domination raciale.

 

La « politique » : un espace public raciste implique une politique de masse antiraciste 

Une formule simple s’applique quand il s’agit de réfléchir notre intervention. L’analyse de la situation guide et indique les tâches qui organisent l’activité politique, en fixent l’agenda et les priorités. Dans notre analyse, nous insistons sur la centralité de l’extrême-droite et sur la place de la racisation dans sa progression d’une part, et sur les difficultés croissantes que rencontre la bourgeoisie pour maintenir son taux de profit d’autre part, qui se traduisent par une rupture des pactes sociaux pré-existants et la tendance aux solutions autoritaires et impérialistes. 

 

De fait, une des particularités des stratégies« locales » de défense du capital, à travers la politique institutionnelle, est d'être raciale, par les politiques publiques, les canaux de diffusions de l’idéologie et les différenciations d’accès à l’emploi. Il en est de même à l’échelle internationale puisque les stratégies d’accumulation du capital sont également raciales, à travers des guerres impérialistes qui visent les Suds et se justifient au Nord par des arguments racistes. Les gouvernements fascistes s’entendent sur des bases raciales, entre autres en lutte contre les minorités racisées et en particulier musulmanes. 

 

Ces stratégies sont efficaces malgré l’accroissement des inégalités en raison même du racisme structurel en Europe, et en particulier en France, qui ne fait pas du racisme une simple stratégie imposée d’en haut, mais le moyen de produire une alliance par-delà les intérêts différenciés des capitalistes et des travailleurEs. En conséquence, l’espace public est saturé par la problématique raciale - et c’est à nous de nous positionner comme les meilleurs antiracistes en réponse à l’acharnement et à l’intensification des dominations raciales. La popularité de figures racisées comme celles de Bally Bagayoko ou Rima Hassan, ou dans la culture populaire la centralité d’égéries pop racisées comme Aya Nakamura ou Theodora, doivent être vues comme les révélateurs d’une polarisation : l’affirmation et la visibilité de figures racisées est le symétrique de l’affirmation d’un discours raciste, et engage certes globalement à un positionnement plus affirmé, mais elles ne sont pas révélatrices d’une évolution des masses. Elles sont aussi facteurs d’une illusion quant à la réalité des rapports de force. C’est donc la tâche de l’activité« visible » de notre Parti en propre, en tant qu’organisation politique - à travers ses prises de parole publiques (communiqués, porte-parolat) que d’incarner l’antiracisme dont nous avons besoin. Si une organisation révolutionnaire comme la nôtre n’identifie pas la prise de pouvoir à la compétition électorale, elle prend en compte la place de l’espace public-politique comme espace de propagande, et donc comme une activité qui touche les masses à travers la tribune qu’offrent non seulement les élections mais également les échéances médiatiques.  En conséquence, une partie de notre intervention de masse implique de tenter de prendre la parole dans les échéances« visibles ». 

 

Dans ce domaine, notre organisation fait face à une difficulté importante et croissante : non seulement la force sociale-démocrate dominante, LFI, se veut hégémonique et exclut le dialogue avec d’autres formations, mais en plus elle est présentée dans les masses à notre place comme« l’extrême-gauche » et invisibilise les positionnements plus à gauche - de même qu’elle est présentée comme la force la plus antiraciste et invisibilise l’antiracisme de terrain.

C’est donc dans ce cadre qu’il nous appartient d’incarner un front critique depuis l’antiracisme : et ce, sur une ligne de crête, qui vise à ne pas nous aliéner la FI, tout en s’en distinguant suffisamment clairement et distinctement pour pouvoir porter la critique, et une critique audible pour dans le même temps, se situer dans les cadres unitaires larges qui« pourraient » concurrencer l’aspiration de notre camp.  

 

Tourner les cadres de masse vers l’antiracisme  

La lutte antiraciste n’est pas seulement un cadre de masse en raison de la place de la race dans le champ strictement politique. 

Puisque nous affirmons que le racisme est structurant de manière générale de l’exploitation, nous affirmons qu’il n’affecte pas seulement une« fraction » de la classe visée par une« oppression spécifique » mais bien qu’il définit toute la structure de la société, qu’il affecte l’intérêt économique de toustes. Nul n’échappe à la structuration raciale, les masses sont racialisées et la race justifie et organise l’exploitation et l’aliénation de notre camp social. Dès lors, il va de soi que l’antiracisme est une activité de masse : et en cohérence notre ligne, on se doit de faire pénétrer la ligne anti-raciste dans les masses - à travers les« cadres de masse » où nous sommes investiEs. 

En premier lieu, dans les syndicats où nous sommes organiséEs et où nous nous attachons à organiser nos collègues. Un excellent exemple de la prise en charge de cette tâche se trouve dans la manière dont les discriminations à l’embauche des femmes musulmanes à l’APHP a été l’occasion d’une mobilisation de nos camarades CGT du secteur pour construire une harmonisation de la conscience des enjeux féministes, ou la production de tracts spécifiques. Le procès de Majdouline, traité par une fraction de Sud Santé hostile à la dénonciation en propre de l’islamophobie, a ainsi pu être articulé à une mobilisation soeur à l’hôpital Tenon, qui, quant à elle, a fait la part belle à l’antiracisme. De même, la visibilisation et l’encouragement de la mobilisation parisienne CGT des coiffeuses afro du boulevard de Strasbourg participe de ce travail avec la mise en évidence de mobilisations inclusives durant le Ramadan. Au-delà des mobilisations, le soutien et l’investissement des commissions antiracistes existantes ou en formation dans ces structures est un enjeu important. 

Là où les camarades obtiennent des positions dans leurs organisations, mener le travail de masse correspond au fait de s’attacher à développer d’une part une analyse économique des effets du racisme, et d’autre part à construire une conscience des effets de la normativité blanche en terme d’exclusion et d’aliénation au travail en faisant apparaître des besoins spécifiques (normes alimentaires, besoins spécifiques, …). 

 

Un antiracisme dans les masses, mais pas l’antiracisme des masses ? 

La racialisation des rapports sociaux est l’un des ressorts de la fascisation, et la fascisation ne progresse en raison d’une part de la passivité de notre camp et la faiblesse de ses organisations, et d’autre part en raison de l’alliance réelle qu’est tentée de conclure une partie de notre classe avec la classe dominante en vue d’une opposition coalisée au prolétariat le plus précaire.

Il ne s’agit donc pas uniquement de théoriser sur les« illusions » de notre classe qu’il suffirait de combattre en positif par des luttes. La persistance d’un antiracisme « universalisant » incarne un antiracisme« rival » à l’antiracisme politique, aussi l’une de nos tâches doit être d’oeuvrer à la conversion généralisée de l’ensemble des cadres de masse, voire des cadres antiracistes universalistes dits« moraux » vers un antiracisme politique. Pour le dire par analogie, si nous incarnons un féminisme« lutte des classes », nous devons incarner un antiracisme« lutte des classes » également. Autrement dit, si un François Ruffin peut se défendre de ses mises en scène paternalistes en parlant de l’antiracisme des années 80, ça n’est pas seulement par opportunisme, ou pire, si un Jean-Luc Mélenchon peut agiter des drapeaux français et prétendre incarner l’antiracisme en défendant le maintien de territoires coloniaux, c’est bien en raison de l’insuffisance des acquis de notre camp et de notre histoire militante. 

 

Les organisations du mouvement ouvrier jusqu’ici n’ont pas été seulement« aveugles » ou« passives » face au racisme, elles ont été souvent le lieu de« trahisons » et la question de la« priorité » dans les luttes a pu être fréquemment posée. Redresser nos torts, c’est pour nous refuser de choisir par mimétisme une forme rétrograde d’antiracisme et construire une tactique pour bouleverser les équilibres de leurs milieux vers les lignes qui adoptent un antiracisme « lutte de classe ». Sans renier les acquis générationnels et les implantations qui précèdent, c’est la tâche de nos militantEs les plus ancienNEs de faire valoir leur présence comme relais d’une évolution d’orientation. La « solidarité » comme une main tendue de l’extérieur ne suffit plus, car nous ne devons plus nous supposer en extériorité de la condition raciale. Sur ce point, notre démographie doit nous permettre une implantation cohérente et diversifiée : les collectifs qui fleurissent aujourd’hui incarnent le plus souvent une ligne radicale sans concession, et dénoncent la blanchité de manière très directe et adoptent un vocabulaire décolonial. À l'exception de la résurgence relative de SOS Racisme, ce sont ces cadres qui sont en phase avec la conscientisation politique des masses. 

 

Un antiracisme lutte de classe pour les masses ? 

L’affirmation d’un antiracisme  « lutte des classes » dans les masses est donc notre tâche principale. Elle fait face à plusieurs défis qui sont précisément ceux de la fascisation et rendent plus difficiles les luttes - y compris parmi les personnes racisées elles-mêmes. 

Le premier défi est immanquablement celui de la faiblesse des cadres d’auto-organisation : les« cadres de masse » sont, partout, affaiblis - et cela se répercute sur les espaces antiracistes, qui sont aussi les premiers visés par la répression d’État. En conséquence la pression à l’adhésion aux formations social-démocrates qui visent le réformisme au mieux et l’articulent le plus souvent à des tentations souverainistes traîtres de classe comme la FI est renforcée et empêche la prise de conscience des rapports sociaux réels et du rôle des Etats, d’autant plus que ces formations instrumentalisent et organisent leur propagande autour de la revendication de leur hégémonie. La recherche de positions« défensives », rendues crédibles à gauche par la place médiatique de LFI, voire la défense clientéliste d’un intérêt communautaire nuisent à l’effort de construction d’un intérêt commun et d’un intérêt de classe. Et c’est bien là le débouché« majoritaire » qui est suivi par les personnes racisées qui se tournent vers la recherche d’une forme de contre-pouvoir, face à l’urgence. 

Le deuxième défi tient aux produits culturels auxquels se rattachent les masses qui ne sont nullement des facteurs de conscientisation vers la lutte des classes. Ce qu’il est coutume d’appeler« capitalisme tardif » a fait émerger une culture et un ensemble de produits de masse - dont des produits culturels à destination des classes populaires et des marges qui véhiculent une forme d’adhésion à une culture individualiste de recherche de représentativité d’une part, et rencontre les illusions construites autour des positions acquises par des militantEs raciséEs d’autre part. La situation de ces figures tend à les rattacher à notre camp, à travers leur participation à un ensemble de luttes. Si on peut juger que ces réussites ont un rôle positif dans le renforcement d’une agentivité des sujets minorisés, elles ne les dirigent que peu vers les organisations de contestation du capitalisme. On peut y trouver un symbole dans les performances récentes lors du spectacle d’Aya Nakamura qui intégrait une réponse aux collectifs d’extrême-droite, ou à travers l’invitation du collectif Oeil au Beurre noir en première partie de Théodora. Ces interpellations reconduisent aussi une disjonction de la promotion du capitalisme et de la société de consommation et des luttes antiracistes. 

 

Des masses racisées : une conscience de race sans conscience de classe ? -

Du reste, il ne s’agit pas uniquement de ramener ces identifications« contrastées » à de simples erreurs ou illusions. Les« défis » auxquels l’optique lutte de classe se trouvent confrontées sont autant d’opportunités dialectiques. Si les positions supérieures acquises  ne constituent jamais une victoire définitive pour les raciséEs, elles apportent également un ensemble de jouissances individuelles et personnelles, qui ont fondé également le recul global des organisations révolutionnaires. Les prolétaires n’ont plus« rien à perdre », iles ont immanquablement quelque chose à gagner dans le système capitaliste - et il en est de même pour les prolétaires raciséEs. 

Et de fait, là où il y a une spécificité et un caractère plus« avancé » dans la situation des personnes racisées, y compris lorsqu’elles choisissent le compromis, c’est que le compromis puis les positions acquises, quand elles sont obtenues et non pas inatteignables, sont inévitablement précaires et ne peuvent masquer les contradictions qui les grèvent. Il n’y a pas de situation de domination« stable » des personnes racisées, même une réussite économique n’implique ni sécurité physique ni stabilité symbolique. Le backlash ou sa menace accompagne toute forme d’acquis des personnes racisées. En conséquence, cette co-présence de l’être-dominé jusque dans les exceptions symboliques de« réussite » en font d’importants points d’appui pour la construction d’une conscience de classe révolutionnaire. Pour le dire en un mot : les contradictions des positions quasi-dominantes de personnes racisées mettent en évidence le fait que la dignité ne peut être acquise par les moyens du capitalisme. 

 

Il faut, depuis notre position, nous insérer sans nous diluer - et dès lors, sans opportunisme - mais également sans faire preuve de « purisme » et sans rester en extériorité ou se distinguer de toute forme de culture populaire d’affirmation de soi de notre camp social, même quand il implique des « compromis » discutables. Puisque la conscience raciale associée à l’expérience de la domination est aussi celle de la précarité des positions acquises, c’est à l’inverse le renversement de cette précarité qui doit être le lieu de notre agitation au sein de ces espaces et en dialogue avec celleux qui ont choisi des voies de compromis(sion).  

Autrement dit, à l’écart de l’opportunisme et du gauchisme, notre travail de masse est un travail d’implantation spécifique qui vise, dans les espaces de socialisation et de renforcement de la conscience oppositionnelle de race, à incarner la radicalité de la sortie de la compromission avec l’ordre établi. Ce n’est pas une injonction« du dehors », c’est au contraire l’exposition voire le déplacement des contradictions internes qui conduit à la plus grande politisation. 

 

Lorsque début juin, le concert de Theodora s’ouvre avec les deux influenceuses du collectif Oeil au beurre noir, c’est ce travail de dévoilement des contradictions et de renforcement de la conscience de la nécessité d’une lutte des classes qui est proposée. Littéralement en vue d’un« appel à l’action », les influenceuses sont invitées à renforcer un contraste en présentant une campagne en faveur de la lutte contre les violences policières invitant à dépenser« un euro », soulignant la précarité des familles endeuillées, bien distincte du triomphalisme capitaliste que représente une« boss lady ». 

 

Les cadres spécifiques : espaces d’apprentissage et de rattrapage historique

Notre camp n’est pas démuni face aux faiblesses de la conscience de classe.identifier les organisations antiracistes à un champ« sectoriel » est souvent trompeur : si les analyses des organisations antiracistes ne sont pas nécessairement communistes, elles font rarement l’impasse sur les effets matériels du racisme, sur son rôle politique ou économique. Si leurs apports peuvent être« partiels » ils ne sont jamais déconnectés de nos préoccupations et produisent un ensemble d’analyses et de ressources qui fondent a minima un point de départ pour nous. Le paternalisme qui inclinerait à nous penser en avance quand nous sommes encore en difficulté pour articuler de manière homogène race et classe à gauche est dépassé. Le sectarisme d’un ensemble d’organisations d’extrême-gauche qui opposent anti-impérialisme et pensée décoloniale en faveur d’une lecture ancienne de l’anti-impérialisme aveugle au capitalisme racial font figure de repoussoir pour l’ensemble des masses racialisées qui se politisent. Notre rapport à ces cadres spécifiques n’est pas seulement une condition de notre propre efficacité dans les cadres de masse, elle est structurante de notre survie - de notre refus de nous ossifier dans une« tradition » plus préoccupée de sa propre pureté que de son efficace . 

 

Pour les personnes non-racisées, participer aux cadres anti-racistes dont le positionnement spécifique des personnes racisées est mis en avant et s’efforcer de se positionner comme alliées, en position auxiliaire, constitue une phase d’apprentissage qui permet ensuite de différencier les tactiques dans des cadres de masse où elles seraient« majoritaires » et en position d’articuler depuis leur position non-concernée la défense de points de vue minoritaires. De fait, notre organisation est en progrès de ce point de vue et produit elle-même ces cadres : l’existence d’un cadre interne de personnes racisées permet l’existence d’un espace propre, mais il doit aussi se faire le vecteur de transformations politiques internes. Celles-ci doivent passer d’une initiative« prise », souvent au risque d’un backlash important, par les personnes concernées, à un volontarisme généralisé de se tourner vers les points de vue minorisés. Aussi faut-il encore renforcer en interne l’expression du groupe non-mixte racisé en tant que tel, lui assigner des objectifs, le solliciter depuis la direction de l’organisation pour mieux ajuster ses acquis politiques.

 

Surtout, ces cadres spécifiques portent des enjeux que ne porteraient pas un cadre« générique », car ils permettent de produire un agenda nouveau. Ainsi, les accomplissements du Collectif Vietnam Dioxine ont permis de mettre en avant une lutte anti-coloniale plus ancienne et de construire des dynamiques transnationales. Au-delà de la lutte et de la reconnaissance croissante du rôle de l’Agent Orange et du soutien à Tran To Nga, qui représentent« en eux-mêmes » des acquis du mouvement social, l’existence de ce cadre participe à déplacer les équilibres dans l’ensemble du mouvement antiraciste - par le renforcement des pôles d’écologie décoloniale, ou par l’actualisation des alliances diasporiques antiracistes, comme on le voit par la proximité du CVD et d’Urgence Palestine.

 

Cinq thèses sur l’antiracisme et le travail de masse 

1) L’antiracisme ne constitue ni une activité« sectorielle » ni n’est« inséparable » du reste de nos activités politiques, mais constitue bien une activité de masse en propre - qui doit devenir une priorité d’intervention en conformité avec notre ligne 

 

2) La notion de« localisation contradictoire » des intérêts du prolétariat implique une transformation de notre vision de l’unification de la classe, qui ne peut plus passer par des revendications« abstraites-universelles » : notre rôle, en tant qu’avant-garde, est de hâter leur disparition

 

3) Incarner l’antiracisme implique la conflictualité dans notre camp pour dépasser les illusions idéologiques qui le condamnent à la passivité et à l’extériorité face à l’aggravation de la racialisation des rapports sociaux et la progression de la conscience raciale 

 

4) Les sujets raciséEs ne constituent pas un secteur« plus large » que la classe - car ils appartiennent en réalité quel que soit leur niveau économique à un ensemble sur-exploité et sur-dominé. Les positions de domination relatives acquises dans le système économique sont grevées d’une précarité qui, dans le processus de la fascisation, menace prioritairement et de manière indistincte économiquement les groupes racisés.

 

5) La spécificité de la racialisation porte des contradictions spécifiques autour du passage à la conscience de classe : elle constitue à la fois un« moteur » et un« inhibiteur ». Ces contradictions, comme toutes contradictions dialectiques, sont décisives dans la construction de la conscience de classe et impliquent un travail de masse spécifique en vue de la réalisation du projet révolutionnaire.