Il n’y a pas si longtemps que Siné Hebdo a dû fermer boutique, et on ne se résigne toujours pas à se passer des éditos manuscrits du chef, des chroniques de Michel Warshawsky (ancien de Rouge), des polémiques de Filoche, et même de nos sursauts en lisant Michel Onfray. Mais si le film a été terminé juste avant la fin du journal, il couvre cependant bien la « carrière », vilain mot en l’espèce, de Siné.
Voilà plus d’un demi-siècle il participa activement à la guerre d’Algérie, avec le FLN, mais sans passer par les « réseaux », aussi ne figure-t-il pas dans le recueil de Jacques Charby, Les porteurs d’espoir. Il soutint Mai 68 avec Siné-Massacre, il travailla à Charlie Hebdo avant d’en être viré par Philippe Val, sous l’accusation d’antisémitisme (il fut lavé de cette accusation, la Licra déboutée de façon exemplaire).
Toujours contre curés (de toutes religions) et flics (de toutes couleurs), il est, à quatre-vingt berges, toujours pas convenable. Il s’occupe de ses funérailles : un caveau en copropriété avec des copains grolandais au cimetière de Montmartre, pas loin de Louise Weber (alias La Goulue), caveau pour urnes multiples. Avec comme monument un majeur dressé, et comme mention celle qui sert de titre au film. Le plus tard possible, Siné !
Paul Louis Thirard