Poursuivi en justice pour son travail antifasciste, le collectif Questions de classe(s) a été attaqué par le syndicat Action & Démocratie (CFE-CGC) dans ce qui ressemblait à s’y méprendre à une procédure bâillon. Derrière cette offensive judiciaire, un objectif clair : faire taire une voix critique dans le champ éducatif. Le 21 avril, le tribunal a tranché et c’est une défaite pour les censeurs.
En 2024, Questions de classe(s) a réalisé une cartographie de l’extrême droite dans l’éducation. La présence du syndicat Action & Démocratie (CFE-CGC) sur cette cartographie a conduit le syndicat à attaquer en justice le collectif (voir le précédent article sur le sujet dans L’Anticapitaliste n°793).
Le jugement : un désaveu clair
Le 21 avril 2026, le tribunal a rendu sa décision. Les demandes des plaignants ont été rejetées et le collectif a été relaxé. Sans surprise peut-être sur le plan strictement juridique, mais avec une portée qui dépasse largement le dossier : le tribunal refuse de valider une lecture qui criminaliserait le travail critique et antifasciste mené dans le champ éducatif.
Une victoire qui dépasse le cadre du procès
Il ne s’agit pas seulement d’une victoire procédurale. C’est un point d’appui politique. D’abord parce que la décision vient rappeler que la liberté d’expression ne saurait être à géométrie variable, surtout lorsqu’elle vise à documenter et combattre des dynamiques réactionnaires. Ensuite parce qu’elle légitime, de fait, un travail militant souvent attaqué, caricaturé ou marginalisé.
Le collectif ne s’y trompe pas en soulignant que ce jugement « conforte la liberté d’expression ». Mais cette victoire dit aussi autre chose : sans les soutiens, sans les relais, sans la mobilisation, l’issue n’aurait peut-être pas eu la même résonance. Face aux tentatives de mise au pas, la réponse reste la même : collective.
Radu Varl