Après plusieurs mois de redressement judiciaire, c’est la fin pour la Fondation des œuvres de la Croix Saint-Simon, qui annonce la cession de l’ensemble de ses activités. 66 structures, 1 800 emplois et 100 000 usagerEs sont menacéEs.
La Fondation des œuvres de la Croix Saint-Simon a annoncé le 14 avril la cession de l'ensemble de ses activités pour des raisons financières. Les causes de cette faillite restent savamment éludées par la fondation. Elle met en cause l’augmentation salariale de la prime COVID et explique s’être développée trop vite. En réalité, la fondation a été fragilisée par de graves dysfonctionnements de gestion, particulièrement opaques, qui l’ont plongée dans le déficit.
Nous sommes toustes concernéEs !
Parmi les structures concernées, on trouve plusieurs centres de santé de proximité, des EHPAD, l’hôpital mère-enfant de la rue des Bleuets, un service d’hospitalisation à domicile, des instituts de formation… et 35 crèches. Toutes sont aujourd'hui à la recherche de repreneurs et menacées de fermeture.
Quand on connaît le temps d’attente pour avoir une place en crèche à Paris et le risque que cela fait peser sur les familles — particulièrement sur les femmes, qui se retrouvent sans solutions de garde — en fermer 35 est tout simplement inenvisageable.
L’Est parisien, où se concentre la majorité des interventions de la fondation, est particulièrement touché. Après la fermeture de la maternité des Lilas, la fusion des hôpitaux Bichat et Beaujon, les menaces sur la maison de santé Pyrénées-Belleville appartenant au dispositif SEC-PA et la fermeture du centre de santé Haxo, tout l’accès aux soins est impacté.
Nous voulons plus d’accès aux soins, pas moins !
Ces fermetures provoquent des retards dans les prises en charge des patientEs, particulièrement les plus précaires. Et pour les structures de soins restantes, cela signifie une augmentation du nombre de passages, des temps d’attente allongés…
Dans un contexte où les budgets d’austérité successifs ont mis à mal le service public et où il est de plus en plus difficile de se soigner, nous ne pouvons pas laisser fermer d’autres centres de soins.
Alors que nous manquons d’infirmières, d’aides-soignantes, de professionnelles de santé, les instituts de formation sont essentiels. Il faut se battre pour le maintien de ces structures et pour en ouvrir de nouvelles, pour obtenir un vrai service public, de la petite enfance au grand âge, accessible à tous et toutes.
Aurélianne Abitbol