La vie des habitantEs d’un territoire peut être entièrement transformée par l’existence, le développement et la démocratisation de services publics... au service du public. Deux exemples : l’enfance et la santé.
Enfance, jeunesse
Une municipalité détient les clés de certaines politiques éducatives publiques. De la crèche au collège, une mairie peut intervenir, pour plus de justice sociale, pour un meilleur accueil, en ayant recours à des personnels formés, reconnus, correctement rémunérés.
La petite enfance
La crèche d’abord : le service municipal de la petite enfance doit accueillir sans discrimination et sans distinction administrative (avec ou sans papiers !) les enfants de tous les milieux. Dès ce niveau, la consultation et la participation des parents doivent être la règle.
Pour une scolarité égalitaire et émancipatrice, une mairie peut décider, pour tous les enfants, de la possibilité de scolarité maternelle dès deux ans, de la gratuité des cantines scolaires, approvisionnées en bio et local, de la gratuité des fournitures scolaires.
Les écoles
La mairie peut aussi décider la rénovation des écoles publiques, la végétalisation des cours d’école, afin de garantir à tous les élèves de bonnes conditions d’étude et la sécurisation des trajets vers l’école par des voies piétonnes et des espaces verts.
La mairie ne décide pas des moyens en enseignantEs et en AESH (prérogative de l’État), mais une équipe municipale déterminée peut appuyer de tout son poids les mobilisations des enseignantEs, AESH et parents d’élèves pour obtenir les moyens de fonctionner en permettant l’inclusion dans des conditions correctes.
La mairie peut, par contre, garantir la présence d’ATSEM dans toutes les classes de maternelle. Concernant le périscolaire, accueil du matin, cantine, garderie, il est possible de garantir un nombre suffisant d’animateurEs périscolaires forméEs, en emploi statutaire.
Par ailleurs, il est indispensable de former les personnels de crèche, du périscolaire et intervenantEs sur le temps scolaire à la prévention des violences éducatives, et de rendre obligatoire leur formation à la prévention des violences, des discriminations et des violences sexistes et sexuelles (VSS).
Enfin, une mairie peut mettre fin aux versements non obligatoires aux établissements scolaires privés et aux versements « en nature » des obligataires (électricité, entretien du bâti, etc.). Cela sera toujours ça de gagné pour le service public !
La santé
La crise du système de santé est le résultat direct des politiques néolibérales de marchandisation du soin, de rentabilité et de restriction budgétaire. La première des tâches d’une équipe municipale est donc de s’opposer fermement à la privatisation du système de santé et de lutter pour un accès à la santé de toutes et tous.
Pour cela, il est possible de créer des centres de santé municipaux pluridisciplinaires pour lutter contre la privatisation des soins et les inégalités spatiales dans l’accès à la santé, prioritairement dans les quartiers populaires, en veillant aux conditions statutaires et de travail pour les personnels engagés. Cela doit se faire sous le contrôle des représentantEs syndicaux des personnels soignants, des associations d’aidantEs et de patientEs.
Une municipalité déterminée doit utiliser la tribune politique municipale pour lutter contre les fermetures d’hôpitaux, de maternités, s’opposer fermement à la privatisation du système de santé et lutter, au sein des conseils de surveillance des centres hospitaliers, pour l’amélioration des conditions de travail des personnels soignants et pour la dignité des patientEs et des résidentEs.
Développer un service public du grand âge
Une municipalité peut développer les EHPAD municipaux afin de s’opposer à la marchandisation de la vie de nos aînéEs. La recherche du profit est incompatible avec l’accès au soin pour toutes et tous, la dignité humaine et la qualité des conditions de travail des soignantEs.
Dans le cadre du service public du grand âge, il faut développer, dans les quartiers populaires, une maison du grand âge, cadre de temps d’échanges, d’accompagnement des familles et de l’information sur les droits.
Une meilleure prise en compte de la santé mentale
La première politique de santé mentale est la transformation des conditions matérielles d’existence, par l’accès à un logement digne, à la fin d’un travail aliénant et épuisant, à l’accès à une nourriture saine, à l’accès au loisir, à la culture et au développement des relations sociales.
Pour autant, il est possible de recruter des psychologues municipaux (postes salariés dans les centres de santé municipaux) afin de proposer des consultations gratuites, implantéEs prioritairement dans les quartiers populaires en coordination avec les CMP, les CHS et les associations.
Enfin, il faut développer la prévention, l’inclusion, par des interventions concernant la santé mentale dans les écoles, collèges, campus, et par la formation des agentEs municipaux contre la stigmatisation.