Publié le Mercredi 4 novembre 2026 à 11h03.

Des meurtres et des appels au meurtre négrophobes

Pengo Bossio Wangi, José Capela, Mauricio K. : trois hommes noirs tués en cinq jours. Pendant que leurs proches réclament justice, des appels à tuer des livreurs noirs ou arabes circulent sur les réseaux sociaux.

 

Le 23 octobre, à Trappes et à La Verrière, un militant d’extrême droite a tué Pengo Bossio Wangi, 26 ans, et blessé sept personnes. Il a reconnu avoir visé des personnes noires, maghrébines et musulmanes. Il avait déclaré vouloir « venger les commerçants » après les dégradations du 17 octobre. La lecture raciste de la révolte sociale trouve ici une traduction meurtrière. Cela n’a pourtant pas arrêté les discours politiques racistes, qui continuent de dérouler, alors que les menaces s’accentuent, en particulier négrophobes. 

 

Deux autres familles réclament justice

À Saint-Gaudens, près de Toulouse, José Capela, commerçant de 60 ans, a été roué de coups dans la nuit du 24 au 25 octobre, à la sortie de son bar. Retrouvé inconscient, il est mort le 26 à l’hôpital. Sa famille dénonce un meurtre raciste et le peu d’attention accordée à sa mort. 

Le 27 octobre, Mauricio K., peintre d’origine angolaise de 44 ans, est mort en garde à vue au commissariat de Saint-Ouen. Son père a porté plainte pour ­violences volontaires ayant entraîné la mort. Le parquet reconnaît l’usage d’une matraque télescopique. L’autopsie relève des infiltrations hémorragiques à la tête et aux membres, mais ne conclut pas à une lésion traumatique expliquant le décès. L’avocat de la famille dénonce une première communication du parquet qui passait les blessures sous silence.

 

Les livreurs menacés

Sur X, dans un salon audio d’extrême droite, des participantEs proposent d’utiliser les applications de livraison pour attirer des coursiers noirs ou arabes dans des endroits isolés et les tuer. D’autres évoquent des attaques contre des musulmanEs pendant les prières. Le parquet de Paris a ouvert une enquête le 27 octobre, pour provocation à la haine raciale et à des atteintes à la vie. 

Uber et Deliveroo se contentent d’appeler les livreurs à la prudence. La Maison des coursiers juge cette réponse insuffisante : refuser des courses signifie perdre son revenu. Elle demande des mesures contre les faux comptes clients et appelle les restaurants à accueillir les livreurs à l’intérieur. Face à la négrophobie, la solidarité doit aussi protéger celles et ceux qui travaillent sous la terreur raciste.