Publié le Mercredi 4 novembre 2026 à 11h07.

La répression islamophobe du mouvement social s’étend

On le répète : l’islamophobie est le moteur de la fascisation. Le passage d’un État de droit à un État fasciste se nourrit de la pression raciale sur les musulmanEs et de la banalisation de leur traitement d’exception.

 

Leur mise au ban entraîne des atteintes croissantes aux libertés publiques. La répression du mouvement social reflète cette racisation de notre camp social : une violence policière extrême criminalise en priorité les jeunes non blanchEs.

 

Les MICAS

Lors de la manifestation parisienne du 31 octobre, le NPA-A avait contribué à constituer un bloc antiraciste et anticolonial. Sur le camion-plateau, deux absences ont pesé : celles d’Omar Alsoumi, d’Urgence Palestine, et d’Elias d’Imzalène, de Perspectives musulmanes. Visés par une MICAS juste avant la mobilisation, les deux militants avaient été empêchés d’y participer.

Une MICAS, ou « mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance », repose sur deux affirmations : la personne visée menacerait l’« ordre public » et entretiendrait des liens avec des organisations dites terroristes ou soutiendrait des actes dits terroristes. Ce dispositif est issu de la loi SILT, votée en 2017, qui a institutionnalisé l’état d’urgence en prétendant en sortir.

Ces dispositifs « antiterroristes » ciblent des militantEs soupçonnéEs de connivence avec des mouvements dits terroristes en raison de leur islamité. Les mesures d’exception de l’exécutif se multiplient contre les militantEs musulmanEs. Elles s’ajoutent aux gels des avoirs qui frappent les deux militants depuis 2025 et visent régulièrement de simples commerçantEs ou influenceurEs musulmanEs.

Le lendemain, Bouna Mbaye, militant musulman panafricain qui avait animé notre cortège, a été placé en garde à vue pour sa participation à une mobilisation contre un meeting d’extrême droite.

 

Déni d’accès aux droits

Jeudi 29 octobre, en plein mouvement social, le ministère de l’Intérieur a reçu les organisations de jeunesse. Toutes ont été invitées, sauf celles qui organisent explicitement des musulmanEs : Étudiants musulmans de France (EMF), le Syndicat des lycéenNEs de banlieue, dont la présidente, Soumaya Sarré, porte le hijab, et la FSE, syndicat étudiant maoïste allié à EMF lors des élections étudiantes.

Nier la représentativité des organisations musulmanes et les exclure du dialogue social prolonge l’acharnement de l’exécutif à coups de mesures « antiterroristes ». Le droit commun et la légitimité institutionnelle, c’est pour les autres ?

Les pratiques d’abord mise-en-oeuvre contre les musulmanEs s’étendent à l’ensemble des espaces militants. Lors du mouvement des Gilets jaunes, l’idée que la « répression » des banlieues s’appliquait désormais aux manifestantEs blancHEs a fait florès. Le week-end dernier, 75 MICAS ont été prononcées, visant aussi des militantEs communistes, anarchistes ou écologistes.