Publié le Samedi 2 mai 2026 à 17h25.

1934, l’unité par en bas contre l’émeute fasciste

En 1934, face à la menace fasciste, l’unité ouvrière s’impose dans la rue, malgré les divisions entre organisations. 

Le 6 février 1934, les ligues fascistes, royalistes (en tout 150 000 militants en partie militarisés) et l’association d’anciens combattants la plus à droite cherchent à envahir l’Assemblée nationale, provoquant une nuit d’affrontements faisant 19 morts. En sort un gouvernement plus à droite que celui du radical Daladier, qui démissionne.

Après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, c’est un choc dans les milieux ouvriers et populaires. En réaction, le Parti communiste (il ne s’appelle pas encore PCF) organise seul une manifestation le 9 février, à cause de sa politique « de classe contre classe » qui dénonce le Parti socialiste comme social-fasciste (le PS est trois fois plus gros que le PC, 120 000 militantEs, majoritaire dans de nombreux secteurs ouvriers). Cette manifestation est violemment réprimée, ­faisant 6 morts. 

La CGT, dirigée par les socialistes, appelle de son côté à une grève de 24 heures le 12 février, rejointe par la CGTU dirigée par les Communistes. La préparation permet la rencontre des militantEs pour la première fois depuis longtemps. La grève est massive, jusqu’à 70 % dans les usines et services parisiens. Les manifestations sont énormes partout en France. À Paris, les manifestations PS et PC, appelées séparément, se réunissent sous la pression de la foule aux cris d’unité dans une liesse générale.

S’ouvre une période de quatre mois durant laquelle les directions politiques et syndicales continuent leurs politiques de division, alors que se mettent en place par en bas des comités antifascistes unitaires. Ils sont organisés par les Unitaires, la Bataille socialiste dans le PS, Doriot à Saint-Denis dans le PC, la petite Ligue communiste trotskyste et les centaines, les milliers de militantEs décidéEs à faire front en commun. Iels cherchent à interdire les initiatives fascistes, maintiennent une présence ouvrière et militante, malgré le fait qu’il n’y a ni 1er Mai ni montée au Mur des Fédérés unitaire.