Les élections municipales sont l’occasion de faire le point sur la situation du logement, du non-logement, du mal-logement, dans les villes où nous menons campagne.
Un sans-abrisme meurtrier, des expulsions records, des millions de demandeurEs de logements sociaux… Précaires, étudiantEs et travailleurEs sont frappéEs pendant que les loyers explosent et que la spéculation enrichit les plus riches.
État des lieux
Il y a d’abord celles et ceux qui sont tout simplement privéEs de logement. C’est l’État qui est responsable de la prise en charge de l’hébergement d’urgence, mais les municipalités sont en première ligne dans la lutte contre le sans-abrisme qui, chaque année, tue hiver comme été. Le dramatique compteur du site Les morts de la rue affiche pour 2025 le nombre de 945 décès, et 105 depuis le début de l’année 2026. C’est juste insupportable !
Pour sa part, la Fondation pour le logement a rendu son rapport 2026, qui est accablant ! Près d’un million de personnes ne disposent pas d’un logement personnel, qu’elles vivent à la rue, dans un squat ou un bidonville, en hébergement d’urgence ou accueillies chez un tiers. 350 000 personnes restent sans domicile, en hausse constante. Plus de 2,8 millions de demandeurEs attendent un logement social. 35 % des ménages ont eu froid dans leur logement en 2025. 24 556 expulsions locatives ont été effectuées avec le concours de la force publique en 2024, un record historique, en hausse de 223 % en 20 ans. 2 159 enfants dorment à la rue, sans solution d’hébergement après un appel au 115, dont 503 de moins de trois ans et 171 bébés de moins d’un an, en augmentation de 30 % depuis 2022.
Inégalités sociales, mal-logement, sortir du cercle vicieux !
Sans-papiers vouéEs aux campements et aux squats, mal-logement, loyers insupportables, manque de logements sociaux, délais d’attente, galère étudiante, saisonnierEs et travailleurEs en zone tendue (Pays basque, Bretagne), notre camp social subit des discriminations indécentes. Dans le même temps, les riches se gavent : la spéculation immobilière les enrichit et détruit nos villes et nos campagnes. La recherche du profit règne sur l’immobilier et « se démocratise » en lançant sur le marché une offre de logements en location de courte durée, qui fait miroiter des profits « privés », qui se traduisent par une flambée des prix et un accès au logement de plus en plus difficile en zone tendue.
La campagne des municipales met en débat les solutions qui permettent de sortir de ce piège. Le NPA-A participe à un grand nombre de listes qui portent des propositions de rupture : remettre en cause la loi de la jungle immobilière, mettre en place des plans d’urgence pour organiser le logement pour tous, viser le zéro sans-abrisme, et s’engager en solidarité avec des campagnes européennes pour le logement d’abord.