Alerte, ça brûle ! Alors que sept limites planétaires sur neuf sont déjà franchies, les phénomènes climatiques s’intensifient et menacent la vie de millions de personnes.
Près d’un milliard de personnes vivront sur des côtes basses d’ici 2050. De petits États insulaires pourraient être en partie ou totalement submergés. Typhons, tornades, cyclones, coulées de boue, inondations, sécheresses… les catastrophes climatiques font des milliers de morts chaque année. La production alimentaire mondiale pourrait reculer jusqu’à 14 % d’ici 2050. Celles et ceux qui ont le moins pollué paieront le plus. Aux conséquences du colonialisme et du pillage des ressources, il faut ajouter le colonialisme chimique : les pays du Nord, dont ceux d’Europe, continuent de fabriquer des pesticides qu’ils interdisent sur leur territoire en raison de leur toxicité, mais qu’ils commercialisent dans les pays du Sud.
La chaleur tue !
Entre 1,5 et 2 °C de réchauffement, les étés meurtriers deviendraient la norme. Les habitantEs des quartiers populaires, les familles précaires, les personnes âgées, celles et ceux qui travaillent dehors ou dorment dans la rue en ont payé le prix fort. On imagine ce qu’il en serait avec un réchauffement de 2,5 °C, seuil qui pourrait être franchi selon le GIEC !
Cette situation prévisible était annoncée, notamment par les rapports successifs du GIEC. Elle empirera si on ne stoppe pas les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, le gouvernement, si dur avec les mobilisations de défense de l’eau et des espaces naturels, est bien doux avec TotalEnergies, l’industrie chimique et l’agro-industrie.
La politique du gouvernement aggrave la crise
Face aux conséquences de l’été caniculaire, durant lequel pompiers, paysanNEs et soignantEs ont été en première ligne, l’objectif immédiat est clair : il faut imposer un plan d’urgence climatique avec des mesures pour la protection des salariéEs et de la population, avec des services publics pour le logement, la santé, la lutte contre les incendies, la restauration des forêts et des sols, la gratuité et le développement des transports en commun…
Mais on ne peut pas s’adapter indéfiniment. Il faut prendre le mal à la racine : rompre avec l’agro-industrie au profit d’une agriculture paysanne et écologique, imposer une politique de sortie des énergies fossiles et l’interdiction de tout nouveau projet fossile, taxer les superprofits des entreprises des secteurs des énergies fossiles et de l’armement, instaurer un impôt climatique sur les plus gros patrimoines. Il faut aussi désarmer les criminels climatiques : exproprier TotalEnergies.
Un automne des luttes
L’appel du 26 septembre, signé par plus de 35 000 personnes et plus de 400 organisations, est bien plus qu’une manifestation pour le climat. Il s’inscrit dans la durée pour imposer les mesures d’urgence et la rupture avec les fossiles. Il vise la construction d’un mouvement par en bas, à partir d’assemblées locales qui se coordonneront pour décider de la suite de la mobilisation, avec d’ores et déjà un rendez-vous mi-novembre. L’appel exige des mesures qui mettent en lien les différents secteurs en lutte : services publics, pompiers, Gilets jaunes, quartiers populaires, paysanNEs… et qui leur permettent de converger contre le budget d’austérité et contre le gouvernement.
Descendre dans la rue massivement, se coordonner, s’organiser, c’est aussi lutter contre l’extrême droite, qui se nourrit de nos défaites.