Publié le Mercredi 30 septembre 2026 à 15h00.

Stop pesticides, une urgence

Les pesticides tuent. Le 3 octobre prochain, des rassemblements et actions contre les pesticides auront lieu sur plusieurs continents. En France, nous convergerons à Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, pour bloquer le site de Syngenta.

 

Nous participerons à une manifestation et à une fête paysanne, organisées par Cancer Colère, la Confédération paysanne, le CSVPO (Collectif de solidarité avec les victimes des pesticides de l’Ouest) et les Soulèvements de la Terre, et soutenues par des organisations syndicales, paysannes, décoloniales, écologistes et culturelles.

Cette large convergence, emmenée par les victimes et les malades ainsi que par les paysanNEs venuEs avec leurs tracteurs, exigera la fin de la production des pesticides mortels. Malgré les menaces et les intimidations de la préfecture, nous serons présentEs ­massivement.

 

Un gouvernement au service de l’agrochimie

Faut-il encore expliquer pourquoi l’utilisation des pesticides doit être stoppée ? Visiblement, oui. 

Le gouvernement Macron, avec Annie Genevard à l’Agriculture, épaulé par la droite sénatoriale emmenée par Duplomb, la FNSEA et la Coordination rurale, poursuit sur sa lancée, ignorant les plus de 2 millions de signatures contre la loi Duplomb, snobant l’opposition massive à sa politique du pire pour le vivant. Dernier épisode en date : la loi d’urgence agricole, adoptée en juillet, avec son lot de calamités, dont la réintroduction de deux insecticides néonicotinoïdes interdits en France.

 

Syngenta, empoisonneur sans frontières

Syngenta commercialise certains des pesticides les plus dangereux au monde (paraquat, thiaméthoxame, chlorothalonil, atrazine). Plusieurs sont interdits en Europe en raison de leur grande toxicité pour la santé, mais sont exportés dans des pays du Sud, notamment au Brésil, en Inde ou au Kenya. Nous voulons mettre fin à cette économie d’exportation des poisons, véritable racisme environnemental.

L’agrochimie sert aussi la guerre : l’agent Orange, herbicide produit par Monsanto et Dow, a ravagé le Vietnam ; aujourd’hui, l’armée israélienne épand des herbicides pour détruire les terres agricoles de Gaza. Les poisons de l’agro-industrie sont aussi des armes de l’impérialisme.

 

Le cancer, une question politique

La progression des cancers, y compris chez les plus jeunes, inquiète et mobilise la communauté scientifique au point que de nombreux médecins exigent l’arrêt de l’emploi des pesticides. Lymphome et myélome, mais aussi la maladie de Parkinson, sont reconnus comme maladies professionnelles liées aux pesticides. Des études suggèrent également un lien entre épandages et cancers pédiatriques.

Les coupables ne sont ni les paysanNEs ni les salariéEs de l’industrie chimique, qui, avec les salariéEs agricoles, en sont les premières victimes. De nombreuses communes voient leur eau déclarée non conforme à cause des pesticides. L’ensemble de la population est aussi touché par la pollution des sols, de l’eau, de l’air et des aliments. La question posée est bien celle de la rupture avec l’agrochimie, inséparable de l’agriculture industrielle. Il faut imposer la réorientation des subventions englouties dans les entreprises de l’agro-industrie vers les pratiques agroécologiques respectueuses de notre santé, des sols et de la biodiversité, ainsi que l’accompagnement des agriculteurEs dans cette transformation. Nos exigences sont fortes, notre colère aussi !

 

« Pesticides, Syngenta, ni ici ni ailleurs ! »

Nous serons des milliers, le 3 octobre, à travers le monde, à constituer des cortèges festifs et revendicatifs, « pour rallier les luttes paysannes, écologistes, décoloniales et pour la santé des travailleurEs de la terre et des victimes du colonialisme chimique », comme le proclame l’appel des organisateurEs de l’évènement.