Publié le Mardi 2 février 2021 à 09h27.

Ascenseurs : « On nous parle d’un service public de l’ascenseur pour nous faire bosser, mais quand on parle salaires, il n’y a rien pour nous »

Adrien, délégué CGT chez Schindler, nous raconte la journée de mobilisation du 28 janvier, où des débrayages ont été organisés dans la plupart des agences.

 

Qu’a donné l’appel à mobilisation chez Schindler jeudi 28 janvier ?
C’était pas mal. Si on regarde bien, ça fait des années qu’il n’y a pas eu d’action de ce genre. Il y avait de grosses disparités dans la mobilisation. En Île-de-France et dans la région de Lyon, c’était difficile, notamment à cause du turnover important dans la profession. Un tiers des effectifs a été renouvelé ces dernières années, il y a beaucoup de salariéEs qu’on ne connait pas, la direction a supprimé il y a deux ans les heures d’information syndicales et c’est difficile de se réunir – sans compter le Covid. On tente de compenser par l’utilisation des réseaux sociaux, mais ça n’est pas pareil.

En région Ouest par exemple, il y a eu des rassemblements dans les agences de Nantes, Rennes et Quimper, au moins 45 techniciens ont fait grève, et plusieurs personnes des bureaux – sur 120 personnels au total, technicienNEs, administratifs/ves et cadres. À Rouen, Valence, ou encore Marseille, Montpellier, Aix, Avignon, c’était très bien, avec un taux de grévistes élevé sur le débrayage, qui a duré deux heures, et là aussi des rassemblements dans les agences.

À Lille, St Etienne, Toulouse, il y a aussi eu des actions. À Bordeaux, Bayonne, La Rochelle c’était très bien aussi.

On a réussi à faire un travail intersyndical dans certains coins avec FO et même la CFDT, sachant que ces organisations ont un discours très peu radical, argumentant habituellement pour que les salariéEs acceptent des sacrifices et ne fassent pas de vague. Ce travail unitaire a contribué à la réussite de la grève.

 

Peux-tu expliquer vos revendications ?
Il s’agissait de poser la question des salaires et de l’emploi, dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Dans le contexte de l’absence d’augmentation en 2020, d’un nouveau financement de la prévoyance qui va faire baisser nos salaires, du chômage partiel qui a impacté un certain nombre de collègues, d’un projet de sous-traitance et d’externalisation d’emplois administratif avec pour conséquence des postes supprimés.

On ne peut pas vraiment parler de revendications à cette étape, c’était plus flou que ça mais il s’agissait de mobiliser les salariéEs pour construire un rapport de forces. Les mots d’ordre étaient suffisamment larges aussi pour intégrer la question de l’ambiance dans la boîte, qui est détestable. Pour beaucoup de salariéEs, dans le contexte du Covid, c’était déjà l’occasion de se retrouver, de discuter de la situation dans l’entreprise.

Des pressions sont exercées sur les salariéEs qui ne sont pas protégés.

 

Quelles sont les perspectives ?
On a eu une première réunion sur les NAO. La direction nous a mis la pression pendant des mois pour nous expliquer qu’il fallait bosser, que les sociétés d’ascenseurs étaient quasiment un service public, que notre travail est indispensable, mais elle nous dit maintenant qu’elle n’a pas d’argent pour les salariéEs. La prochaine réunion est fixée le 25 février. On va voir comment on peut continuer à construire le rapport de forces, en s’appuyant sur les réussites mais aussi en tenant compte des fortes disparités au plan national entre les différents établissements.

Propos recueillis par Antoine Larrache