Les salariéEs de Lubrizol se sont mis en grève le 18 février. Quelques éléments avec Pascal Tailleux, syndicaliste CGT dans la chimie à Rouen.
Lubrizol a annoncé un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) le 12 février…
Je dirais plutôt un plan de saccage de l’emploi. 169 postes supprimés entre le site de Rouen et celui du Havre, dont l’essentiel, 145 postes, sur le site de Rouen. Deux des cinq unités qui ferment à Rouen vont être partiellement déplacées au Havre.
Pour quelles raisons ?
Le fric. Il leur en faut toujours plus. Parce qu’ils ont encore fait l’an dernier 300 millions d’euros. Warren Buffet, 8e fortune mondiale, c’est le patron historique de Lubrizol. Un archi-milliardaire. Ils n’en ont jamais assez, quoi. Il profite de l’effet d’aubaine où les plans de saccage de l’emploi n’ont jamais été aussi nombreux. Des postes vont être supprimés dans la production qui va être en partie déplacée au Havre, mais surtout dans les fonctions supports (douane, comptabilité, service clients), des métiers qui se mobilisent moins en général.
Les mêmes raisons qui ont conduit aux négligences et à l’incendie du 26 septembre 2019. Qu’en disent les salariéEs ?
Les salariés pensent que non seulement ils ont été mis en danger lors de l’incendie. On leur a pourri leur usine, et maintenant on veut les virer.
Comment se passe la grève ?
Lubrizol produit pour le secteur du pétrole des additifs pour l’essence, le diesel, des lubrifiants moteurs et industriels. Après une semaine de grève, ça commence à coincer du côté de chez TotalEnergies qui a organisé une réunion d’urgence. La question qui se pose, après que les négociations ont été repoussées au 6 mars, c’est de savoir si on continue ou non la grève. Bien sûr, comme à chaque fois, il y a la question de savoir si on se bat pour garder son emploi ou pour les indemnités extralégales, comme le font certains syndicats comme la CFDT, la CGC. Nous, à la CGT, on essaie de faire bouger les choses pour conserver les emplois, pour l’interdiction des licenciements. Au Havre, le rapport de forces est plus important, mais on ne peut pas faire à la place des salariéEs eux-mêmes. À suivre…
Propos recueillis par la rédaction