Publié le Mercredi 8 avril 2026 à 08h00.

La guerre barbare de Trump contre l’Iran

La guerre de Trump contre l’Iran est barbare, cruelle, violente ; elle est menée sans le moindre souci des millions d’êtres humains qu’elle affecte en Iran, dans la région et dans le monde entier. 

La nature de cette guerre est apparue dès le premier jour, le 28 février, lorsque les États-Unis ont frappé une école à Minab, tuant environ 175 personnes, dont 100 enfants. Les attaques contre les civilEs constituent des crimes de guerre. Trump menace désormais d’en commettre un encore plus grave.

« Nous allons les ramener à l’âge de pierre » 

Il a déclaré il y a quelques jours : « Si, pour une raison quelconque, un accord n’est pas rapidement conclu — ce qui arrivera probablement — et si le détroit d’Ormuz n’est pas immédiatement “ouvert aux affaires”, nous mettrons fin à notre charmant “séjour” en Iran en faisant exploser et en anéantissant totalement toutes leurs centrales électriques, leurs puits de pétrole et l’île de Kharg (et peut-être toutes les usines de dessalement !), que nous avons délibérément épargnés jusqu’à présent. » Dans un commentaire particulièrement grossier, il a ajouté : « Nous allons les ramener à l’âge de pierre, là où ils appartiennent. » L’Iran compte 93 millions d’habitantEs, dont plus de 24 millions d’enfants. Qu’est-ce qui ferait que ces personnes « mériteraient » de vivre à l’âge de pierre ?
Cette déclaration brutale et cynique découle sans doute de ses préjugés raciaux et religieux, mais aussi de sa frustration face à son incapacité à obtenir une victoire nette en Iran, que ce soit en termes de changement de régime ou de contrôle de la région et de ses ressources pétrolières. Frustré, Trump est prêt à tuer davantage de civilEs.

Une longue histoire de crimes de guerre

Après tout, la guerre des États-Unis contre l’Irak (2003-2011), lancée par George W. Bush sur la base du mensonge selon lequel le régime de Saddam Hussein possédait des armes de destruction massive, a fait jusqu’à un million de morts, dont 100 000 civilEs. Pourquoi ne pas faire la même chose en Iran ?

Les propos de Trump font écho à ceux du tristement célèbre commandant du Strategic Air Command, le général Curtis LeMay, qui écrivait dans son autobiographie de 1965, en pleine guerre du Vietnam, que le Nord-Vietnam devait « rentrer dans le rang et cesser son agression, sinon nous allons le bombarder jusqu’à le ramener à l’âge de pierre », ajoutant : « Et nous les y renverrons par la puissance aérienne ou navale — pas avec des forces terrestres. » Après sa retraite, d’autres généraux de l’US Air Force ont procédé à des bombardements massifs (« carpet bombing ») au Vietnam, tuant des dizaines, voire des centaines de milliers de soldats et de civilEs.

Vingt ans plus tôt, pendant la Seconde Guerre mondiale, le 10 mars 1945, LeMay avait ordonné à environ 300 bombardiers B-29 de mener le bombardement incendiaire de Tokyo : des températures atteignant 2 800 degrés Fahrenheit, 16 miles carrés de la ville détruits, et ­environ 100 000 hommes, femmes et enfants tuéEs. Cet exemple a bien sûr contribué à rendre possible le largage des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. Le major général Curtis LeMay avait d’ailleurs déclaré : « Si nous perdons la guerre, nous serons jugés comme criminels de guerre. »

En Europe, durant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis et leurs alliés ont également bombardé les villes allemandes de Hambourg, Dresde, Kassel et Lübeck, tuant des dizaines de milliers de civilEs. On estime que ces bombardements ont fait 600 000 morts, dont 70 000 enfants.

Le fait de faire la guerre aux populations civiles a toujours eu pour objectif de démoraliser l’ennemi, de plonger les populations dans la misère, l’impuissance et la peur, afin de les contraindre à se rendre. Mais un peuple qui lutte pour sa terre peut refuser de capituler, quelles que soient les violences subies, laissant derrière lui une population dévastée, comme à Gaza.

Trump, comme d’autres présidents américains — Franklin Roosevelt, Lyndon Johnson, Richard Nixon ou George W. Bush — est prêt à tuer autant de civilEs que nécessaire pour gagner la guerre. Mais malgré tout, il pourrait la perdre.

La guerre de Trump contre l’Iran est barbare, et nous devons tout faire pour y mettre fin.

Dan La Botz