Publié le Mercredi 18 février 2026 à 17h00.

Lyes Touati libéré, une victoire de la solidarité populaire

Incarcéré pendant 59 jours pour des accusations infondées, le militant socialiste Lyes Touati a été libéré après une large mobilisation, transformant son affaire en symbole des atteintes aux libertés démocratiques.

L’arrestation du militant socialiste et progressiste Lyes Touati s’inscrit dans une séquence politique marquée par la restriction des libertés démocratiques en Algérie depuis la fin du Hirak. Son audition, son procès et finalement son acquittement constituent une succession d’événements dans laquelle la solidarité populaire a joué un rôle décisif.

Une accusation absurde

Cadre du Parti socialiste des travailleurs (PST), suspendu depuis 2022, Lyes Touati est connu pour son engagement constant en faveur des libertés démocratiques, de la justice sociale et de la défense des droits des travailleurs. Ses convictions anticapitalistes, anti-impérialistes et antisionistes, inscrites dans la tradition politique de son parti, ont façonné son parcours militant. Pendant 59 jours, son emprisonnement a symbolisé, pour ses camarades et ses soutiens, une tentative de faire taire une voix engagée dans la conscientisation et l’organisation des masses populaires.

Son interpellation le 14 décembre a provoqué une onde de choc. L’accusation d’­« ­accointance avec une organisation terroriste » a pour base une publication sur la députée européenne Rima Hassan en robe kabyle, pour faire un clin d’œil au MAK, organisation séparatiste et prosioniste. Cette accusation a donc suscité incompréhension et indignation.

Malgré un dossier qualifié de vide par sa défense, le juge d’instruction a ordonné son placement sous mandat de dépôt le 16 décembre, transformant son cas en symbole de la question plus large de la liberté d’expression et du droit à l’engagement politique.

Une solidarité décisive

Face à cette situation, la solidarité s’est rapidement organisée. Les réseaux sociaux ont joué un rôle central pour transformer son nom en point de ralliement. Des pétitions ont été lancées, recueillant plus de 700 signatures à l’échelle locale et plus de 1 500 signatures au total. 

Les prises de position publiques se sont multipliées. Des personnalités politiques, des militants et des blogueurs ont relayé son affaire. Cette mobilisation a permis de faire de son incarcération une question politique nationale.

Son procès s’est tenu devant la cour de Béjaïa. Le 12 février, le verdict est tombé : son acquittement et sa libération. Cette décision a provoqué un immense soulagement. À sa sortie, accueilli par ses camarades et ses proches, Lyes Touati a rappelé l’importance de la solidarité et affirmé sa détermination à poursuivre son combat pour les libertés démocratiques.

Sa libération démontre que la solidarité peut briser l’isolement et imposer la justice face à l’arbitraire. Cette séquence constitue une leçon politique majeure : aucune répression n’est invincible lorsque la conscience ­collective s’organise.

L’affaire Lyes Touati rappelle enfin que les libertés démocratiques ne sont jamais définitivement acquises. Elles demeurent le produit de luttes, d’engagements et de solidarités. Sa libération ne marque pas la fin d’un combat, mais confirme que seule la mobilisation consciente et organisée peut ouvrir la voie à une société fondée sur la justice, la dignité et la souveraineté populaire.

Mhand Ouchene