Publié le Jeudi 5 février 2026 à 17h00.

La colère des sans trains

Manifestation interrégionale réussie pour la défense du ferroviaire ! Les usagerEs et travailleurEs des lignes régionales laissées à l’abandon se sont organiséEs pour faire entendre leur colère, samedi 31 janvier à Limoges.

Plus de 35 associations de défense de lignes et de comités de vigilance ont organisé la mobilisation (telle Angoulim, qui milite pour la réouverture de la ligne Angoulême-Limoges). Venant du Cantal, de la Haute-Vienne, de la Charente, de la Creuse, de la Corrèze, du Puy-de-Dôme, du Lot, de l’Indre, de la Dordogne, de la Vendée… et regroupés dans un comité de vigilance interrégional, les collectifs partagent les mêmes revendications : engager les travaux de maintenance des lignes TER dès 2026, financer la réouverture des lignes TER fermées, assurer des liaisons Bordeaux-Lyon par Limoges et Clermont-Ferrand, financer les lignes TET Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et Paris-Clermont, irriguant ainsi les territoires.

La future loi cadre des transports sera présentée courant février au Conseil des ministres. Tous les collectifs insistent sur l’urgence des travaux. Il en va de la mobilité (en augmentation de 5 à 10 % depuis le Covid) des travailleurEs, des lycéenNEs et étudiantEs, et de tous ceux qui, vivant dans des zones rurales, n’ont pas les moyens ou ne veulent pas avoir recours à l’automobile.

Vous avez dit service public ?

Plus personne ne parle de service public au niveau de l’État et des régions : c’est la rentabilité et les baisses budgétaires qui priment ! Et ainsi se décide le démantèlement des lignes de proximité, dites de « desserte fine du territoire ». 

Une méthode rôdée : SNCF Réseau et la région agissent de concert au profit des lignes de train à grande vitesse. Par exemple, pour la ligne Angoulême-Limoges, alors que le protocole d’accord État-Région prévoyait des travaux pour un montant de 134 millions d’euros pour la période 2023-2027, rien n’est encore réalisé début 2026, si ce n’est une étude préalable aux travaux. Angoulim a fini par en obtenir les résultats : à avoir tant attendu, il faudrait maintenant 360 millions d’euros pour régénérer cette ligne ! À se demander si le chiffre ne serait pas volontairement gonflé pour dissuader toute mise en œuvre des travaux.

Inégalités et gâchis des lignes laissées à l’abandon : une colère légitime

Alors, samedi 31 janvier à Limoges, salariéEs (syndiquéEs CGT en nombre) et usagers/usagères du ferroviaire se sont réuniEs pour faire converger les luttes locales. Un millier de manifestants étaient au rendez-vous dans une ambiance joyeuse et déterminée, et ont sifflé au passage le maire LR de Limoges (É.-R. Lombertie) croisé sur le parcours, toujours prêt à justifier ces coupes budgétaires.

Déjà en 2005, des milliers de personnes s’étaient donné rendez-vous à Guéret, en Creuse, pour dénoncer la destruction des services publics touchant de plein fouet les zones rurales et les petites villes. En 2015, après une décennie de poursuites de politiques austéritaires menées par la droite comme la gauche, on remettait ça, notamment à l’appel de la Coordination nationale des Comités de défense des maternités et hôpitaux de proximité et de la Convergence nationale des collectifs de défense et de développement des services publics. En 2026, il faut continuer !

Le NPA-A soutient et s’engage avec tous les collectifs de travailleurEs et d’usagerEs qui organisent la résistance face à la destruction des services publics. La solution est dans la convergence de ces luttes qui visent à imposer d’autres choix que la rentabilité, le tout-voiture polluant (pour ceux qui en ont les moyens) et la désertification des campagnes.

CorrespondantEs