Le mercredi 21 octobre, la nouvelle nous a brutalement frappéEs, comme elle a frappé ses nombreux amiEs et camarades dans la région rouennaise. Notre camarade Dominique Cellier venait de décéder brutalement. Deux jours plus tôt, il participait activement à notre réunion de comité, sans que rien ne laisse présager le pire.
Depuis la fin des années 1960, Dominique a été un acteur reconnu du mouvement social et politique à Rouen, en même temps qu’il fut un scientifique mettant ses connaissances et ses travaux au service des causes qui lui paraissaient essentielles.
Militant chrétien à la JEC et au PSU, il décida en 1970 de rejoindre la Ligue communiste, principale force de l’extrême gauche à Rouen. L’une des dimensions déterminantes de cette adhésion était pour lui l’internationalisme que concrétisait l’appartenance à la 4e Internationale. L’internationalisme en actes fut l’un des fils conducteurs de sa vie militante. De l’Indochine à la Syrie, de la Pologne à la Kanaky, il joua un grand rôle dans l’animation de comités unitaires menant des actions concrètes de soutien aux combats émancipateurs dans le monde, même quand ceux-ci n’étaient pas sous les projecteurs médiatiques. En tant qu’enseignant-chercheur, il poursuivit aussi son activité internationaliste en Algérie pendant la guerre civile des années 1990.
Signataire de l’appel de 100 soldats du contingent pour exiger des droits démocratiques dans l’armée, il fit de l’antimilitarisme une préoccupation constante de son militantisme.
De la loi Debré en 1973 à la grève universitaire qui déboucha sur le grand mouvement de l’automne 1995, il fut au cœur de toutes les grandes mobilisations sur le campus et dans la ville, comme militant du SNESup et aux côtés des étudiantEs.
Chercheur reconnu, il savait mettre ses connaissances scientifiques et ses qualités pédagogiques à la disposition des mouvements sociaux et politiques (en particulier la Confédération paysanne). Il permettait ainsi à leurs militantEs de s’approprier des sujets complexes afin de guider leur action.
Ce fut également le sens de son engagement dans l’association Sciences citoyennes, dont il fut le président pendant deux ans, ou à Attac France, dont il était membre de la commission écologie et société. Il était aussi un des piliers d’Attac à Rouen.
Il s’engagea pour faire de l’écologie une question centrale dans la réflexion et l’action du NPA, trouvant parfois les résultats trop lents et insuffisants même si cela finit par porter ses fruits.
Dans toutes ses activités, Dominique faisait preuve, avec son humour et sa gentillesse, de cet esprit critique qui l’amenait à questionner les certitudes et les évidences ainsi que celles et ceux qui les portaient au sein des organisations et dans leurs directions, y compris la nôtre. Cela l’amena parfois à prendre ses distances tout en étant toujours présent aux moments décisifs.
Le mouvement qui s’est engagé cet automne, avec la mobilisation de la jeunesse, l’enthousiasmait. Sans toi, Dominique, mais en souvenir de tout ce que tu nous as apporté, nous allons le poursuivre.
À Maryvonne, Élise et Flora, sa compagne et ses filles, nous adressons nos condoléances et nous apportons tout notre soutien.
Un bel hommage a rassemblé le 2 novembre ses très nombreux amiEs et camarades, celles et ceux qui ont partagé ses luttes et ont apprécié ses qualités humaines.
Ses camarades du NPA-A et de la Quatrième Internationale de Rouen