Publié le Jeudi 15 octobre 2026 à 08h26.

Les nötres : Jean-Marc Pigault

Notre camarade Jean-Marc Pigault (Max) est décédé brutalement le 7 septembre 2026, à l’âge de 71 ans. 

Militer à la LCR puis au NPA avec Jean-Marc, c’était travailler joyeusement à la révolution : Jean-Marc était un militant révolutionnaire d’une sincérité absolue, mais qui n’oubliait jamais de rire des événements. Et comme il en avait une excellente mémoire, il pouvait raconter, sans jamais jouer à l’ancien combattant, les combats qu’il avait menés avec nous, ou au moins dans le même camp que nous, puisqu’il n’avait pas toujours été à la LCR.

Ses ennemiEs préféréEs étaient les fascistes, les patrons, les gouvernements à leur service, les bureaucrates syndicaux et politiques… Et ses amiEs, au-delà de ses camarades de la Ligue et du syndicat, tous ceux et toutes celles qui luttaient, en particulier ceux et celles qui inventaient de nouvelles formes de lutte pour l’égalité, pour l’émancipation, pour le progrès social… 

Fondamentalement, Jean-Marc avait l’esprit libertaire. Il était éducateur spécialisé et travaillait dans une institution prenant en charge des jeunes déficientEs intellectuelLEs, et dans son investissement syndical, à la CFDT puis à SUD (au syndicat santé-sociaux du 92), il a toujours été à la pointe des mobilisations de son secteur, sachant entraîner les collègues dans des assauts joyeux des forteresses patronales. Pour lui, une mobilisation syndicale était vraiment réussie quand elle s’accompagnait d’une occupation, et c’était un cauchemar pour les représentantEs du patronat et les bureaucrates syndicaux. C’est dire s’il a laissé de bons souvenirs… chez les travailleurEs en lutte.

Jean-Marc a longtemps fait partie du SO : cela répondait à son goût pour l’action. Pas tant pour la castagne, à la façon des mémés toulousaines de Claude Nougaro, que pour le goût d’une bonne préparation qui évite les désastres dans les confrontations de rue, lors de manifs qu’on savait à l’avance devoir être « chaudes ». Et tout naturellement, on a fait appel à lui pour renforcer le petit pool de camarades chargéEs d’assurer la protection des « personnalités en vue ». Il assurait sérieusement cette protection, mais sans quitter sa bonne humeur, et cela lui permettait d’ajouter quelques anecdotes à sa collection, qu’il aimait livrer lors des nombreux repas que nous partagions avant, après, voire pendant nos réunions de cellule ou de section.

Il aimait cette camaraderie renforcée par la bonne chère ; il aimait vendre Rouge sur le marché d’Asnières-Nord où il prenait pour cible de son ironie et de sa verve les militantEs du FN ou des partis de droite qui venaient défendre les bons Français et les bonnes Françaises contre les affreux immigrés et les affreuses immigrées — alors que ces dernierEs représentaient la majorité des personnes qui venaient sur ce marché ! 

Il aimait tendrement les siens, ses amiEs, sa compagne Monique, sa fille Claire… À elles nous adressons notre sympathie et notre affection. 

Adieu Jean-Marc, bravo et merci pour cette vie pleine d’engagement. Nous ne t’oublierons pas, et continuerons notre combat commun. Tu nous manqueras, mais tu seras malgré tout encore à nos côtés, dans le mouvement internationaliste révolutionnaire où tu avais trouvé ta place.

Ses camarades des Hauts-de-Seine