Publié le Lundi 19 octobre 2026 à 09h15.

Tonio Gomez

Hommage à notre camarade Tonio Gomez : une vie d’engagement et de combats

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons la disparition de notre ami et camarade Tonio Gomez, militant historique de la Quatrième Internationale en Alsace et figure incontournable du paysage militant strasbourgeois. Il était le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA-A) local.

Des racines républicaines espagnoles

Né en 1954 à Larache, au Maroc, sous protectorat espagnol, Tonio a grandi au sein d’une famille républicaine marquée par le franquisme : son père, après avoir échappé au peloton d’exécution grâce à son jeune âge, a passé dix ans dans les geôles de Franco. Cet héritage a forgé à jamais sa conscience de classe et son internationalisme.

Un militant infatigable de la cause ouvrière

Entré dans le monde du travail en tant qu’apprenti dès l’âge de 14 ans, Tonio choisit définitivement le camp des exploités, des opprimés et des sans-voix. Au début des années 1970, il assume la présidence de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) de Strasbourg avant de rejoindre la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) en 1973. Dès lors, son parcours politique se lie intimement à l’histoire du trotskisme.

Il plonge au cœur des luttes ouvrières locales.

Il participe à la grève historique de Télic en 1976. Il est licencié en raison de son engagement dans le mouvement. Il est embauché dans la foulée chez General Motors, mais son activité militante lui vaudra de ne jamais voir valider son contrat. Cheville ouvrière du syndicalisme de combat, il devient secrétaire général de la CGT CROUS du Bas-Rhin, un mandat qu’il portera avec détermination jusqu’à sa retraite en 2014.

En 2009, lors de la fondation du NPA après la dissolution de la LCR, c’est tout naturellement qu’il poursuit son action en devenant porte-parole du NPA 67.

Sur tous les fronts de la justice sociale

On retrouvait Tonio partout où la justice sociale et la dignité humaine l’exigeaient :

• Dans les luttes syndicales et dans les manifestations : aux côtés des travailleurs en grève comme des lycéens aujourd’hui ;

• Pour la solidarité internationale et humaine : dans le soutien aux personnes sans papiers, aux exilés et aux mal-logés (au sein du collectif D’ailleurs nous sommes d’ici), ainsi qu’à la cause palestinienne. Son engagement internationaliste se traduisait notamment par une volonté farouche de faire vivre la IVe Internationale ;

• Dans les luttes écologistes : dans les mobilisations contre le Grand Contournement Ouest de Strasbourg (GCO) et pour l’arrêt du nucléaire (Stop transport-Halte au nucléaire).

Mais cette liste ne dit qu’une partie de son engagement constant et infatigable, de l’énergie et de la générosité mises au service de toutes les luttes d’émancipation.

Tonio nous a quittés un 17 octobre. Cette journée d’action était doublement importante. Elle est, d’une part, porteuse d’espoir. Elle commémore, d’autre part, le massacre commis par le préfet Papon à Paris contre des centaines d’Algériens — événement pour lequel Tonio n’eut de cesse de se battre afin qu’une place du 17-Octobre-1961 vît le jour à Strasbourg.

Face aux pressions, à la répression et aux tentatives d’intimidation qui l’ont mené plusieurs fois en garde à vue et devant les tribunaux, Tonio répondait toujours par la force de ses convictions et une solidarité de classe exemplaire. Son intégrité et sa détermination sans faille vont laisser un vide immense au sein du NPA-l’Anticapitaliste Strasbourg et de l’ensemble du mouvement social alsacien.

À travers les luttes que nous avons partagées, avec Isabelle, sa compagne, Tonio nous a beaucoup appris, en tant qu’ami, en tant que camarade. Il a inspiré et formé plusieurs générations de militantEs qui garderont en mémoire le souvenir d’un homme sincère, droit, chaleureux et courageux, impliqué dans les luttes antifascistes et antiracistes, profondément attaché à construire l’unité de notre camp social et soucieux de construire une organisation utile aux oppriméEs, anticapitaliste et unitaire.

En cette période où s’exprime l’espoir de construire une société meilleure face à la fascisation du monde, nous porterons sa mémoire et ses précieux conseils dans nos luttes !

À sa famille, à ses proches et à tous ses camarades de combat, nous adressons nos condoléances les plus sincères.

Tonio, ton combat continue. Nous ne lâcherons rien.