Publié le Dimanche 11 octobre 2026 à 09h00.

Les nôtres : Henri Maler

Surtout connu, ces dernières décennies, comme le fondateur et animateur d’Acrimed, Henri Maler est décédé début octobre. Son combat pour une critique anticapitaliste des médias prolongeait un parcours de militant révolutionnaire et d’intellectuel marxiste, toujours soucieux de lier pensée et action.

 

Un parcours dans la gauche révolutionnaire

Actif à l’UNEF dès 1966, brièvement membre de l’Union des étudiants communistes (UEC) avant d’en être exclu avec la minorité révolutionnaire, Henri rejoint la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) en 1967 et participe à Mai 68. À la création de la Ligue communiste, en 1969, il devient, avec Isaac Johsua, l’un des principaux animateurs de sa tendance Révolution ! Ils défendent un regroupement des révolutionnaires plus large que la seule tradition trotskiste.

En 1971, ils quittent la Ligue et fondent l’Organisation communiste Révolution ! En décembre 1976, celle-ci fusionne avec la Gauche ouvrière et paysanne, issue du PSU, pour former l’Organisation communiste des travailleurs (OCT). Henri la quitte en 1978, épuisé par les conflits internes ; elle s’auto-dissout en 1979. Il ne rejoint ensuite plus d’organisation politique, sans renoncer à ses convictions révolutionnaires.

 

Penser les possibles, construire le collectif

Professeur de philosophie, puis maître de conférences en science politique à Paris-8 au milieu des années 1990, Henri consacre sa thèse à Marx et à l’utopie. Notamment dans Convoiter l’impossible, il défend une utopie ancrée dans l’histoire et les luttes : l’émancipation s’invente dans l’action collective. Il poursuit sa réflexion sur le communisme, l’appropriation sociale et le dépérissement de l’État.

Engagé aux côtés des grévistes de l’hiver 1995, il fonde Acrimed en avril 1996 et en reste le principal animateur jusqu’en janvier 2015. Pour lui, comprendre les médias exige de prendre au sérieux leur appropriation capitaliste et de porter des propositions de transformation démocratique.

Auteur de près de 700 articles, il fut aussi un passeur attentif, accompagnant des générations de rédacteurs et rédactrices. Écrire, corriger, organiser, tracter : aucune tâche ne lui semblait secondaire pour faire vivre ce collectif militant.

Dans le temps resserré du bouclage, nous lui rendons ici un court hommage. Pour découvrir toute la richesse de son parcours, nous renvoyons aux articles d’Acrimed et de notre camarade Ugo Palheta dans Contretemps.

La rédaction

À lire sur le site d’Acrimed : Décès du fondateur d’Acrimed, Henri Maler, Hommage à notre ami et camarade, par Acrimed

À lire sur le site de Contretemps : De la révolte intacte à l’utopie nécessaire : hommage à Henri Maler, par Ugo Palheta