Publié le Mercredi 8 avril 2026 à 12h00.

Un rassemblement politique historique contre le racisme à Saint-Denis

Une foule compacte s’est rassemblée sur le parvis de la mairie, de la basilique, de l’ancienne place du marché de Saint-Denis, ce samedi après-midi 4 avril, pour faire bloc derrière le maire nouvellement élu, Bally Bagayoko, après les déclarations racistes de divers commentateurs et autres Onfray sur CNews et les réseaux de la fachosphère.

La place s’est remplie progressivement et bientôt tout ce qui faisait la place autour de l’hôtel de ville a été occupé pour faire de cet événement un des plus gros rassemblements politiques jamais réalisés dans cette ville au passé historique riche de mobilisations. Le soleil s’est mis de la partie donnant un air de fête à la seule réponse à la hauteur du déferlement raciste que nous avons connu.

Une mobilisation rapide et massive

Toute la semaine précédente la mobilisation s’est organisée. L’info a tourné sur tous les groupes de discussion dans les quartiers. Un appel a été signé par plus d’une cinquantaine d’associations, syndicats et collectifs de la ville. Il était évident pour tout le monde qu’il fallait y être pour faire front tant l’agression a été perçue par tous.tes les dionysienEs comme les visant directement.

Elle a accompagné la polémique sur l’armement de la police municipale. Lancée par le syndicat Alliance de la police municipale — qui s’est permis une mise en garde au cas où le maire s’aviserait d’appliquer un tant soit peu son programme de réduction de ses moyens et de ses effectifs —, immédiatement relayée par David Amiel, membre du Gouvernement — qui s’est permis de rappeler, le 26 mars, au nouveau maire qu’il ne pouvait se séparer d’agents municipaux en désaccord avec sa politique. 

À peine élu, le conseil municipal même pas constitué, le procès en illégitimité a commencé — une façon de dire à toute la population qu’elle a mal voté, que la ville est sous haute surveillance et que la mise sous tutelle est à l’ordre du jour.

Une réponse politique et populaire

L’indignation et la mobilisation qui s’en sont suivies ont permis de mettre un coup d’arrêt à cette charge raciste et réactionnaire. Elles ont contraint le Gouvernement à la mettre en sourdine, à condamner, du bout des lèvres et bien tardivement, les propos tenus sur CNews et à se porter partie civile dans la plainte déposée par la ville. 

Cette mobilisation s’est faite dans la continuité de la victoire électorale. Une réplique du premier tour. Elle a rappelé de façon spectaculaire la légitimité de la liste conduite par Bally Bagayoko, du lien qu’il entretient avec la population. Il faut rappeler que sa victoire c’est d’abord le rejet de la politique du maire socialiste précédent, de l’unité électorale réalisée pour le battre, de la mobilisation d’une nouvelle génération des quartiers qui s’est reconnue dans sa candidature.

Un rapport de forces à construire

Les 3 semaines qui viennent de se passer donnent une idée de ce que va être l’année qui va venir avant l’élection présidentielle. Pas de gestion municipale tranquille, pas de retour à la « normale ». La droite et l’extrême droite, le Gouvernement avec eux, vont être aux aguets, ne laisseront rien passer, surtout ce qui pourrait ressembler à une « rupture » avec l’ordre libéral. Déjà le préfet a déclaré illégal l’arrêté pris par le maire contre les expulsions locatives et continue à les exécuter sans attendre un quelconque jugement.
Les marges de manœuvre de la liste de Bally Bagayoko sont très faibles face à ces requins prêts à tout pour le faire chuter. La légalité républicaine n’offre pas de garanties suffisantes pour faire front. Il ne devra compter que sur la mobilisation des habitants de la ville comme cela vient de se faire ce samedi, d’une superbe façon.

Correspondant