Du 26 au 29 mars se tenait à Porto Alegre, ville d’accueil du premier Forum social mondial, la première conférence internationale antifasciste et pour la souveraineté des peuples.
Organisée principalement par les organisations politiques et syndicales brésiliennes (PSOL, PT, MST) et le Comité pour l’abolition de la dette illégitime, la démarche était aussi nécessaire qu’ambitieuse : rassembler les forces qui luttent contre l’extrême droite néofasciste pour préparer la riposte. Avec plus de 4 000 participantEs venant de plus de 40 pays des cinq continents, la conférence a permis une réelle mise en commun des luttes et des expériences qui traversent le mouvement ouvrier à travers le monde.
Un programme extrêmement riche
Le programme était à la hauteur de l’enjeu : 11 plénières et plus de 150 ateliers ont été l’occasion d’échanger, par exemple, sur les résistances à l’extrême droite et contre les agressions impérialistes en Amérique (Porto Rico, Argentine, Brésil, Cuba, Venezuela, États-Unis) et dans le monde (Ukraine, Palestine, Kurdistan), les luttes féministes, antiracistes et LGBTI contre l’extrême droite, les résistances dans le monde du travail, issues de l’éducation populaire ou encore sur le rôle de l’extractivisme et de la crise climatique dans la montée des extrêmes droites.
Nous avons participé en tant que militantEs du NPA-A à une plénière sur les luttes éco-socialistes des jeunes à travers le monde ainsi qu’à une conférence sur le risque fasciste en France.
La IVe Internationale très investie
Des organisations membres de la IVe Internationale venant de plus de quinze pays étaient également présentes, ce qui a été l’occasion de renforcer nos liens. Nous avons, notamment, échangé et confronté nos analyses de la situation politique ainsi que nos orientations stratégiques. Ces liens pourraient ouvrir la voie à la construction de campagnes internationales unitaires. Grâce à la participation importante de notre courant, nous avons pu affirmer tout au long de la conférence nos positions internationalistes, contre une appréciation campiste de l’impérialisme américain comme surdéterminant. Nous avons, par exemple, rendu possible la venue de camarades ukrainienEs via le RESU et l’organisation d’un atelier sur Boris Kagarlitsky, prisonnier politique russe. La présentation du Manifeste écosocialiste par Michael Löwy fut aussi un temps fort.
Un front large face à l’internationale néofasciste
À l’image de la grande marche qui a réuni plus de 5 000 personnes pour lancer la conférence, celle-ci fut indéniablement une réussite. Malgré d’importantes divergences sur l’analyse des impérialismes, Porto Alegre fut un moment d’unité entre des secteurs socialistes et révolutionnaires de la gauche, tous déterminés à construire un front large face à l’internationale néofasciste. La charte signée le dernier jour liste une série de revendications communes et affirme contre l’impérialisme : « Nous luttons contre tous les impérialismes et soutenons la lutte des peuples pour leur autodétermination, par tous les moyens nécessaires. »*
Ça ne s’arrête pas là ! Des éditions régionales sont prévues en Argentine puis en Amérique du Nord. D’ici là, les organisations ont appelé à soutenir et à participer aux rencontres écosocialistes à Bruxelles, aux contre-sommets du G7 et de l’Otan, au Forum social mondial au Bénin et aux prochaines flottilles en soutien à la Palestine et à Cuba, entre autres.
Face à l’intensification des offensives impérialistes et l’aggravation de la crise climatique, il est urgent de bâtir des cadres unitaires et internationalistes. La conférence antifasciste constitue à ce titre une étape réussie.
Loïc et Louisa