Notre camarade Sylviane nous a quittéEs samedi 22 août. Militante politique, syndicale, féministe, ouvrière et de quartier, elle était reconnue par toustes comme une camarade d’une combativité et d’une sincérité incomparables.
Originaire d’Hazebrouck, dans le département du Nord, où elle a fait toutes ses études, elle a commencé à militer dans le mouvement trotskiste, à la Ligue socialiste des travailleurs (groupe du courant moréniste), avant de rejoindre — avec le courant Voix des travailleurs issu de Lutte ouvrière — la Ligue communiste révolutionnaire, en 2000. Elle a été membre de sa Direction nationale et est restée membre de l’organisation jusqu’à sa dissolution dans le NPA, dans lequel Sylviane a milité, pratiquement sans interruption, jusqu’à son décès.
Sylviane a été une militante politique dans le 20e arrondissement de Paris, candidate aux élections pour la LCR, partie prenante de toutes les grandes luttes.
Et surtout, Sylviane a été une immense militante syndicale et pédagogique. D’origine ouvrière, sans diplôme, elle aimait à rappeler que le rôle des enseignant·es est d’aider les enfants de la classe ouvrière à s’émanciper. Profondément imprégnée des mouvements anti-hiérarchie, elle était la plus grande ennemie des inspecteurs, des bureaucrates et des bourgeois, dans les instances de l’Éducation nationale, les AG du syndicat et dans toutes les luttes auxquelles elle participait, en particulier dans les assemblées générales d’instituteur·rices.
Son engagement syndical constituait une grande partie de sa vie. Les débats pour et dans le SNUipp-FSU n’avaient aucun secret pour elle, et ses camarades de la section parisienne garderont longtemps en mémoire son investissement, ses coups de gueule, le rappel de ses expériences militantes, combiné à un refus du paternalisme.
Sylviane était aussi une militante féministe, un féminisme qui faisait partie intégrante de tous ses combats et qu’elle combinait à un franc-parler populaire dont elle usait avec une provocante délectation. Et parfois en ch’ti.
Sylviane a été l’un des piliers du secrétariat Éducation nationale de la LCR, imprégné des débats de la FSU, des débats pédagogiques et des luttes sociales diverses.
Après une vie militante si remplie, Sylviane aspirait à un peu plus de tranquillité, qu’elle avait bien méritée après avoir atteint un objectif : « Je quitterai le secrétariat départemental adjoint du SNUipp 75 quand il y aura une femme pour me remplacer. » Signe d’une réussite de ses combats, la section est aujourd’hui largement dirigée par de jeunes femmes, combatives, féministes, aspirant au maximum d’organisation collective. Sylviane avait donc réorienté ses priorités, construit une famille avec son compagnon, ouvrier et d’une gentillesse infinie, puis pris sa retraite en Côte-d’Or, où elle continuait à militer et à distiller, avec son humilité habituelle, son expérience et sa formation politique.
Le NPA-l’Anticapitaliste exprime son entière solidarité à toute sa famille, à toustes les militantEs qui l’ont connue, et appelle à se souvenir des camarades qui, comme elle, ont agi toute leur vie pour la révolution et les combats unitaires, sans concession et dans le plus beau désintérêt personnel.
Le 23 août 2026