Depuis les premières manifestations de la fin des années 1990, le monde a changé, le mouvement altermondialiste a évolué vers un positionnement clairement anticapitaliste, intégrant pleinement les questions écologiques. Une seule chose n’a pas changé : notre détermination à transformer le monde !
L’objectif des mobilisations contre les sommets, que ce soit ceux de l’OMC, du G7 ou de l’Union européenne, a toujours été de contester l’ordre mondial existant et ses conséquences sur la très grande majorité de la population mondiale.
MobiliséEs contre la guerre et les idées réactionnaires
Loin de réguler le système, les politiques menées à la sortie de la Seconde Guerre mondiale ont permis aux grandes puissances impérialistes de maintenir leur domination sur les pays du Sud global à travers notamment les mécanismes de la dette, l’exploitation de leurs ressources et la surexploitation de la main-d’œuvre immigrée dans les pays du Nord. Nous nous sommes opposéEs aux traités de libre-échange, aux institutions internationales comme l’OMC ou le FMI, nous avons milité pour l’annulation de la dette, pour l’égalité entre travailleurEs françaisEs et immigréEs, pour la régularisation de toustes les sans-papiers…
Mais la redéfinition des équilibres à l’échelle internationale aggrave la concurrence et les conflits dans le monde. Le génocide à Gaza, les guerres au Yémen, en RDC, au Soudan, au Liban, en Iran, en Ukraine, les menaces sur le Groenland, le Venezuela, Cuba… touchent des centaines de millions de personnes, entraînant des déplacements de population massifs qui mettent particulièrement en danger les femmes et les enfants. Les cas de violences sexuelles recensés par l’ONU en 2026 ont doublé par rapport à l’année dernière.
Dans de nombreux pays, des régimes autoritaires, des dictatures sanguinaires sont au pouvoir sans que cela ne dérange les grandes puissances de ce monde, voire au contraire. Dans ces pays eux-mêmes, les idées réactionnaires se propagent et des dirigeantEs d’extrême droite accèdent au pouvoir : Italie, États-Unis, peut-être en France l’année prochaine… La crise pousse les classes dominantes à recourir à des solutions de plus en plus violentes pour maintenir l’ordre établi. C’est à cela que nous nous confrontons en manifestant contre le G7 aujourd’hui.
Construire une alternative écosocialiste
Malheureusement, les mobilisations actuelles demeurent insuffisantes face à une offensive des classes dominantes qui ravage particulièrement le Sud global, s’attaque aux classes populaires du Nord et accélère la marche vers la catastrophe écologique. Mais la colère face aux injustices et aux inégalités est immense. Des explosions sociales ont lieu de l’Iran aux États-Unis, les peuples résistent de la Palestine à l’Ukraine, la solidarité internationale existe et tente de se faire entendre comme on l’a vu avec les flottilles pour Gaza.
Si la résistance est indispensable pour répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques, il y a également urgence à construire des perspectives capables d’offrir une véritable alternative au capitalisme. C’est une nécessité pour fédérer nos mobilisations, pour reprendre espoir, pour retrouver le chemin des mobilisations de masse, déterminées à s’affronter aux pouvoirs en place.
Face aux guerres, aux violences sexistes et sexuelles, aux oppressions, à l’exploitation, à la destruction de la planète, nous devons affirmer les perspectives pour lesquelles nous nous battons : féministes, écologiques, antiracistes… mais aussi les moyens pour y arriver : l’auto-organisation, la nécessité des luttes sociales ancrées sur les lieux de travail, de vie, d’études… Ces éléments posent les bases d’une autre société dont l’objectif est la satisfaction des besoins sociaux dans le respect de la planète, débarrassée de l’exploitation et de toutes les oppressions. Ce sont ces perspectives que développe le Manifeste pour une révolution écosocialiste proposé par la IVe Internationale.
Ce contre-sommet du G7 organisé à Genève les 13 et 14 juin est une étape pour construire des mobilisations internationalistes massives, pour stopper la fuite en avant guerrière, écocidaire et autoritaire orchestrée par les classes dominantes et aussi pour rêver à un autre monde et le construire !