Les lycéenNEs se soulèvent contre la dégradation de leurs conditions d’étude. Leur révolte exprime aussi le refus du racisme institutionnel et de l’avenir que le capitalisme en crise et les pouvoirs toujours plus autoritaires leur préparent. La demande d’égalité porte une volonté d’émancipation.
La canicule historique de juin a rendu plus insupportable un quotidien scolaire déjà dégradé. Les bâtiments inadaptés se sont transformés en étuves, tandis que les élèves redoutent déjà le froid de l’hiver. La rentrée n’a pas résolu le manque d’enseignantEs ni la surcharge des classes.
Une lutte pour les conditions de travail
C’est une lutte pour les conditions d’étude des lycéenNEs. Les journées de 8 heures à 18 heures laissent peu de temps pour se reposer, d’autant que les trajets et les devoirs prolongent la journée après les cours. La pression du contrôle continu et de Parcoursup ajoute l’angoisse de l’orientation à la fatigue. Leur avenir semble dépendre de chaque note, alors que les conditions pour réussir sont profondément inégales.
Le mal-être de cette génération est documenté. L’enquête EnCLASS 2024 de Santé publique France relève que 19 % des lycéenNEs présentent un risque important de dépression. Le manque de personnels de santé dans les établissements prive aussi des jeunes de l’accompagnement dont ils et elles ont besoin.
La précarité assombrit aussi l’avenir. Selon un sondage OpinionWay pour Action contre la Faim, révélé le 11 octobre, unE jeune de 18 à 24 ans sur quatre déclare ne pas toujours avoir assez à manger. La promesse d’un avenir meilleur à condition de bien travailler se heurte à cette réalité.
Une révolte pour l’égalité et l’émancipation
Partie des quartiers populaires, la mobilisation exprime une conscience des discriminations qui structurent l’école. Les cours non remplacés et les bâtiments délabrés nourrissent une exigence d’égalité avec les établissements mieux dotés. Les lycéenNEs raciséEs veulent reprendre collectivement du pouvoir sur leur vie, face au tri scolaire et aux orientations imposées.
La violence policière leur fait aussi éprouver la fascisation en cours. Les jeunes des quartiers populaires, déjà confrontéEs aux contrôles discriminatoires, retrouvent devant leurs lycées les pratiques qu’ils connaissent dans la rue. La génération qui se mobilise aujourd’hui a aussi connu les révoltes après la mort de Nahel. Elle porte cette expérience dans sa lutte.
Les slogans antifascistes qui traversent les cortèges expriment cette inquiétude. Face au risque d’une victoire du RN, des mineurEs veulent prendre part à la lutte antifasciste, sans attendre d’avoir l’âge de voter. Ils et elles savent que leur avenir se joue dès maintenant et refusent de le laisser décider par d’autres.
Dans les cortèges, la solidarité avec la Palestine accompagne la dénonciation des budgets militaires, tandis que l’éducation est privée de moyens. Cette jeunesse conteste les choix d’un ordre capitaliste qui dégrade ses conditions de vie et menace son avenir.