Après les vacances, les blocages reprennent dans les lycées et les universités. La répression et les miettes concédées par le gouvernement attisent la colère d’une jeunesse qui prend goût à l’autogestion et à la combativité.
Les dernières dates de mobilisation, ces derniers samedis, ont été des mobilisations larges, rassemblant dans les 450 000 personnes au plus bas et 800 000 au plus haut. Cependant, ces manifestations s’inscrivent dans un contexte de vacances scolaires, depuis le 17 octobre pour les lycéenNEs et depuis le 24 pour les étudiantEs.
Le risque en cette rentrée était que le découragement gagne et que la mobilisation se désagrège sous une triple pression de l’administration, des parents et des notes. Pourtant, ce lundi, la jeunesse a repris les poubelles.
La répression attise la colère
Plus de 500 lycées et plus de 50 universités étaient ainsi bloqués mardi 3 novembre à l’appel des coordinations de jeunesse et des syndicats étudiants, qui appelaient aussi à manifester. En face, la répression « classique » continue : CRS dès 6 h du matin, arrestations, verbalisations, arrêtés préfectoraux. Mais elle déploie également de nouvelles pratiques, avec l’utilisation, par exemple, de drones de captation à Marseille. Des parents d’élèves se joignent aussi aux déblocages : certains sont préoccupés par les notes de leurs enfants et par les examens de fin d’année, mais il existe aussi une mobilisation politique réactionnaire qui encourage ces déblocages.
Les revendications de la jeunesse restent les mêmes mais l’esprit n’est plus celui d’avant les vacances. Un nouveau vent de radicalité se fait sentir, dû à la répression plus que disproportionnée des actes I, II et III de ces derniers week-ends, mais également à la montée drastique des mesures autoritaires du gouvernement : censure des réseaux sociaux, allongement des gardes à vue, assignation à résidence de militantEs, utilisation de drones et d’hélicoptères… En plus de ça, le gouvernement ose s’autocongratuler après avoir lâché des miettes en réponse à nos revendications. Alors la colère monte.
Le goût de l’autogestion
Nous voyons aussi déjà les fruits des occupations de facs et des universités populaires. Les administrations ont voulu jouer la montre en fermant les établissements en attendant les vacances et la reprise mais les étudiantEs ont désormais pris goût à l’autogestion, à l’autoformation, à la liberté de circulation et à l’organisation et ne veulent plus lâcher. Commence aussi à se poser en assemblée générale la question de la banalisation du semestre, qui n’est pas encore gagnée.
Jusqu’où aller et jusqu’à quand tenir sont les questions qui se posent, mais une chose est claire : une vague réponse par quelques euros lâchés ne suffira plus ; désormais, c’est un changement drastique de système qui est demandé, pour qu’enfin la jeunesse puisse s’imaginer un avenir dans ce monde.