Face aux lycéenNEs qui réclament des moyens et l’égalité, le gouvernement répond par une répression massive. Elle frappe particulièrement la jeunesse racisée des quartiers populaires. La solidarité de tout le mouvement social doit permettre de la faire reculer.
Après avoir annoncé « aucune consigne de retenue », Nuñez refuse de s’excuser auprès des lycéenNEs blesséEs. Une grenade policière a arraché la main d’un élève de 15 ans à Lens. Un jeune a perdu un œil à Tours. À Belfort, un adolescent accuse un policier d’avoir tenté de le noyer, tandis que des sénateurs LR réclament pour cet agent la Légion d’honneur. À Saint-Ouen-l’Aumône, un tir policier de grenade lacrymogène a brisé la mâchoire et plusieurs dents d’Eden, 14 ans. À Argenteuil, un lycéen de 16 ans a été grièvement blessé à l’œil lors d’une intervention policière.
Les 1er et 2 octobre, 3 696 jeunes ont été interpelléEs. Au 8 octobre, le ministère de la Justice recensait déjà 6 877 gardes à vue, dont 5 890 mineurEs. Les passages à tabac s’accompagnent d’insultes racistes et les gardes à vue se déroulent dans des conditions dégradantes.
Le gouvernement a aussi fermé plus de 400 lycées, ainsi que des universités. Ce lock-out des établissements mobilisés, accompagné de la volonté d’imposer des cours à distance, vise à casser la mobilisation. Ceux qui prétendent défendre le droit d’étudier ferment eux-mêmes les portes des lycées.
Un ciblage raciste
Cette répression vise d’abord la jeunesse des quartiers populaires, déjà confrontée aux contrôles discriminatoires et aux violences policières. Sa demande d’égalité des conditions d’étude exprime aussi le refus des discriminations et la volonté de reprendre collectivement du pouvoir sur sa vie. Les appels au calme adressés à ces jeunes font abstraction de cette expérience : devant leurs lycées, ils et elles retrouvent une police dont ils connaissent déjà le racisme.
Cette violence s’inscrit dans une continuité coloniale. Les pratiques répressives exercées dans les quartiers populaires se sont étendues à d’autres mobilisations, comme celle des Gilets jaunes, des mouvements écologistes et du mouvement social (code du travail, retraites…). Les mêmes armes mutilent les manifestantEs. Refuser qu’une génération se fasse massacrer par la police est au cœur du combat contre la fascisation.
Unité et solidarité
Refusons le partage entre un mouvement « légitime » et des « débordements » qui lui seraient extérieurs : il reproduit des hiérarchies racistes et de classe. Les dégradations matérielles et les formes de résistance aux agressions policières font aussi partie de la mobilisation. Nous pouvons discuter de l’efficacité des actions et des risques encourus sans participer à leur condamnation publique ni réclamer des sanctions contre les jeunes (voir article sur le traitement médiatique).
L’annonce de l’arrêt des grenades assourdissantes ne suffit pas. Il faut obtenir le retrait de la police des lieux d’étude et la fin des poursuites contre les jeunes mobiliséEs et l’amnistie générale de tous les jeunes condamnés.
Toute notre solidarité doit aller à celles et ceux qui subissent la répression, en soutenant leur organisation et en rejoignant leur lutte. Nuñez et Geffray doivent partir, avec le gouvernement responsable de cette violence.