Publié le Jeudi 15 octobre 2026 à 14h06.

Mais que veulent les lycéenNEs ?

Les revendications du mouvement portent d’abord sur des conditions d’étude dignes et sur le droit de choisir son avenir. Obtenir les moyens nécessaires exige de combattre l’austérité, mais aussi les dispositifs qui organisent le tri scolaire et les discriminations.

 

L’égalité des conditions d’étude exige un rattrapage pour les lycées des quartiers populaires, sous-dotés depuis des années. Cette exigence a lancé le mouvement et doit rester au centre de son élargissement.

 

Un plan d’urgence pour l’éducation

Le plan d’urgence porté par l’intersyndicale du 93 donne la mesure des besoins : en 2024, elle chiffrait les besoins humains à 358 millions ­d’­euros et réclamait notamment 5 000 ­enseignantEs.

Garantir toutes les heures d’enseignement suppose des recrutements massifs, y compris pour assurer les remplacements. Chaque établissement doit disposer des personnels de santé nécessaires et d’AESH en nombre suffisant. Pour l’éducation prioritaire, nous défendons des classes limitées à 15 ou 20 élèves. Il faut garantir les dédoublements et étendre l’éducation prioritaire aux lycées, selon les besoins réels plutôt qu’une enveloppe budgétaire fermée.

Les établissements doivent être rénovés ou reconstruits, notamment pour résister aux épisodes de chaleur et rester utilisables en hiver. Pour alléger leurs emplois du temps, les lycéenNEs réclament la fin des journées de 8 heures à 18 heures et des cours du samedi. Il faut aussi abroger la réforme Blanquer du bac pour desserrer la pression permanente des évaluations et recréer des groupes-classes qui permettent une vie collective.

 

Un autre lycée est possible

L’abrogation de Parcoursup et la suppression de la sélection à l’université sont au cœur des revendications. Nous voulons aussi en finir avec les groupes de niveau et les orientations imposées vers des filières professionnelles non choisies. Le droit de poursuivre ses études doit être garanti, avec les places et les personnels nécessaires.

La gratuité doit couvrir tout ce qui permet réellement de suivre les cours, y compris la restauration et les transports. Elle exige aussi l’abrogation des frais d’inscription racistes qui frappent les étudiantEs étrangerEs. Nous refusons l’instauration de frais dans les formations jusque-là gratuites.

Les droits de toutes les familles doivent être garantis, y compris celles qui sont sans papiers. La scolarisation doit être inconditionnelle et aucune information ne doit être transmise à la police ou aux préfectures. La régularisation des jeunes et de leurs parents fait partie de cette exigence d’égalité. Nous défendons aussi l’abrogation des lois islamophobes, dont la loi de 2004 et l’interdiction de l’abaya.

Reconnaître la liberté syndicale et le droit de grève dans les lycées permettrait aux élèves de défendre ces droits collectivement. L’autogestion des établissements porte aussi cette volonté de reprendre du pouvoir sur les conditions d’étude et la vie scolaire.