Publié le Jeudi 15 octobre 2026 à 14h01.

Pour tout changer, étendons le mouvement et la grève

La révolte lycéenne a initié une mobilisation dont tout le mouvement social peut se saisir. Son élargissement passe par la grève et par une organisation qui permette de tenir dans la durée. 

 

Les manifestations ont rassemblé près d’un demi-million de personnes les mardis 6 et 13 octobre, tandis que les actions lycéennes n’ont jamais cessé. La multiplication des appels à la grève pour le 13 octobre, au-delà de l’Éducation nationale, montre que le mouvement peut entraîner d’autres secteurs.

 

Le monde du travail doit rejoindre la révolte

Rejoindre la jeunesse par la grève est désormais une tâche immédiate pour les salariéEs. Le soutien aux lycéenNEs et la lutte contre la répression vont de pair avec le combat pour les salaires et les moyens des services publics. Les mêmes budgets d’austérité dégradent les conditions d’étude et les conditions de vie de toute notre classe.

Étendre la grève et la reconduire partout où c’est possible suppose de construire des cadres d’auto-organisation. Les assemblées générales doivent décider des suites et les coordinations relier les établissements aux équipes mobilisées dans les entreprises. Les forces syndicales combatives ont un rôle à jouer pour entraîner leurs collègues.

La convergence doit porter l’exigence d’égalité de la jeunesse racisée des quartiers populaires. Le refus des discriminations permet de construire l’unité de notre classe en combattant les inégalités qui la traversent.

Soyons aussi chaque jour au plus près des lycéenNEs pour soutenir leur organisation et nous interposer face à la répression. Des personnels et des parents le font déjà. Leur solidarité doit trouver des relais dans l’ensemble du mouvement social.

 

Le 17 octobre et au-delà

Le 17 octobre marque le début des vacances scolaires. Les mobilisations de cette journée, hors du temps de travail, peuvent permettre de rejoindre plus largement la lutte. Soixante-cinq ans après le massacre d’AlgérienNEs à Paris (lire page 5), faisons-en un point d’appui pour unir les exigences sociales et le combat antiraciste.

Au moment de son lancement, l’appel intersyndical au 5 novembre était critiquable : il renvoyait à plusieurs semaines la suite d’une mobilisation en pleine extension. Cette date peut maintenant servir de point de relance à la rentrée, quelques jours après la reprise des cours.

Les vacances risquent de disperser les équipes et de suspendre les blocages. Il faut donc maintenir les contacts entre les établissements et préparer la reprise avec les équipes syndicales. Dans le monde du travail, la mobilisation peut se poursuivre pendant cette période : le calendrier scolaire ne doit pas fixer le rythme de toute la lutte.

Préparer le 5 novembre commence dès maintenant, avec les lycéenNEs et les étudiantEs. Faisons de cette date une occasion de reprendre les blocages et d’élargir la grève. La force du mouvement dépendra de notre capacité à entraîner les salariéEs dans la grève.

Toustes ensemble, nous pouvons renverser le rapport de forces et rouvrir les possibles face à la fascisation et au rouleau compresseur capitaliste, à ses politiques antisociales, racistes et écocidaires.