Publié le Mercredi 8 juillet 2026 à 11h39.

Les animaux, oubliéEs de la canicule

Parmi les oubliéEs de la canicule de juin, symptôme choc du dérèglement climatique engendré par la machine destructrice capitaliste, figurent les animaux non humainEs.

 

Il est d’abord important de rappeler l’impact majeur sur l’environnement du complexe animalo-industriel, défini par Barbara Noske comme le système d’acteurs politiques, industriels et financiers qui organisent l’exploitation des animaux. 

 

L’élevage, un enfer climatique

L’élevage est notamment considéré comme une cause majeure d’émissions de gaz à effet de serre, en étant responsable d’au moins 14,5 %. Or les animaux d’élevage sont aussi les victimes du dérèglement climatique : suite à la canicule de juin, les derniers chiffres font état de trois millions de poules mortes rien que dans l’ouest de la France – et c’est sans compter les cochons, bovins, ovins et poissons pour lesquels les chiffres manquent.

Cette mortalité massive tient aux conditions effroyables dans lesquelles ces animaux sont contraintEs de vivre. EntasséEs les unEs sur les autres, dans des bâtiments en surchauffe où les températures avoisinent les 45 °C… Les pertes ont été telles que les équarrisseurs ne pouvaient plus assumer la quantité de cadavres et les préfectures ont autorisé les exploitations à les enfouir sur leur terrain.

 

Contre la marchandisation des animaux

Le traitement médiatique de cette tragédie se concentre sur des préoccupations purement productivistes : on parle d’une hécatombe, mais on s’inquiète seulement de l’approvisionnement en volaille, en porc et en œufs, sans jamais envisager ces millions d’animaux mortEs comme des victimes méritant notre attention par leur statut d’êtres sentientEs soumisEs à des souffrances extrêmes. Ce sont des « morts prématurées », comptées en tonnes plutôt qu’en nombre d’individus, et la perte principale n’est pas leur vie mais les profits tirés de leur transformation en produits. 

Cette manière de relater les événements entre dans une narration spéciste considérant ces animaux comme des marchandises plutôt que des individus, et participe à invisibiliser leurs souffrances en les dissolvant dans l’idée globale du « vivant en danger ».

 

Des morts dans l’indifférence

Les autres animaux, de « compagnie » ou libres, en pâtissent également. La canicule crée des conditions extrêmes et difficiles à supporter pour tous les animaux. Les animaux libres, incapables de s’hydrater à cause de la sécheresse, et les poissons mourant des températures de l’eau inadaptées à leur métabolisme, en sont de tristes exemples. 

À cela s’ajoute le manque de considération qui leur est accordé, ce qui aggrave ces circonstances. En attestent les chienNEs mortEs de chaud car enferméEs dans les voitures par négligence — des morts qui ne font l’objet d’aucun recensement, tant cela passe sous le radar — ou les chiens de sécurité, qui ne bénéficient d’aucun droit : passéEs de main en main, enchaînant des heures de travail sans pause, laisséEs dans des coffres ou en plein soleil… Ces pratiques, et bien d’autres, entraînent des morts déplorables dans la plus grande indifférence.

À différents niveaux, tous les animaux non humainEs subissent les conséquences du capitalisme et de son mépris spéciste. Il est urgent de reconnaître le droit à la vie heureuse et à la dignité de ces êtres sentientEs qui sont les victimes révélatrices d’un monde en crise.