Publié le Jeudi 4 juin 2026 à 11h00.

Plateforme 1 : unitaires et révolutionnaires : marcher sur nos deux jambes

Cette élection présidentielle a un enjeu aussi simple que glaçant : le RN va-t-il s’emparer du pouvoir ? La question est d’autant plus grave que, dans la Ve République, la fonction présidentielle écrase toute forme de contre-pouvoir.

Alors que l’extrême droite contrôle aujourd’hui de nombreuses municipalités et une grande partie des médias, elle pourrait prendre le contrôle de l’appareil de l’État, ouvrant des perspectives dramatiques pour le monde du travail, pour les femmes et minorités de genre, pour toutes les personnes racisées.

Une réponse à la hauteur du danger

C’est parce qu’il est conscient de ce péril que le NPA-l’Anticapitaliste a décidé depuis 2022 de mener une politique clairement unitaire et révolutionnaire, y compris sur le terrain électoral. Elle vise à répondre à la fascisation en construisant, sur les bases les plus radicales possibles, une large alliance capable de faire reculer l’extrême droite, en offrant une alternative crédible aux politiques libérales qui la nourrissent. En 2024, la création du NFP a validé notre orientation, en montrant que l’unité du monde du travail et de ses organisations, sur la base d’un programme de transformation sociale et écologique, constituait une arme efficace contre le RN.

Présenter une candidature du NPA-l’Anticapitaliste à cette élection présidentielle serait une rupture avec cette politique. Une telle candidature ne répondrait ni à l’aspiration unitaire largement présente dans notre camp social ni aux enjeux de la période. De plus, la quête des parrainages nous détournerait de ce qui doit être notre tâche essentielle : mettre en place les cadres unitaires de résistance à la fascisation.

Alliance ou ralliement ?

Si les appareils de la gauche poursuivent leurs dynamiques actuelles, ils seront incapables de proposer une candidature commune susceptible de barrer la route à l’extrême droite. Nous serions alors amenéEs à soutenir non pas la candidature unitaire que nous aurions souhaitée, mais une candidature d’unité partielle, qui ne serait reconnue que par une fraction de la gauche. À l’heure actuelle, Jean-Luc Mélenchon fait une proposition « d’alliance populaire », mais il est trop tôt pour en mesurer la dynamique, la capacité à agréger des forces significatives et pour évaluer s’il s’agit d’un rassemblement ou d’une offre de ralliement. Négocier une participation à la campagne de Mélenchon ne doit pas devenir un ralliement qui nous priverait d’une véritable indépendance d’expression et d’action. Il faudra donc une nouvelle évaluation à l’automne de la situation.

Mais nous ne restons pas spectateurEs. Au contraire, nous cherchons à peser en défendant la construction d’un front antifasciste qui rassemble tous les mouvements sociaux conscients du danger mortel de l’extrême droite et de la nécessité d’une candidature de rupture capable d’incarner ce rassemblement.

En toute indépendance

Si nous serons très certainement amenéEs à soutenir une candidature réformiste, nous devons toutefois conserver une totale indépendance politique. Dans le cadre de la campagne présidentielle, nous devons affirmer notre internationalisme intransigeant, poursuivre notre combat démocratique contre les institutions de la Ve République, expliquer aussi qu’une société ne se change pas par un sauveur suprême mais par la mobilisation de celles et ceux d’en bas, défendre nos mesures écosocialistes, contre les oppressions et l’exploitation. Cela implique que nous soyons très attentifs aux initiatives et aux mobilisations populaires et que nous prenions attache avec toutes les forces qui vont dans ce sens.

Faudra-t-il mener une campagne indépendante en soutien à une candidature de gauche ? S’engager dans des comités de base ? Les conditions seront-elles réunies pour que nous puissions participer à une direction de campagne ? À ce stade, nous ne maîtrisons pas toutes les données et nous avancerons donc en fonction de l’évolution de la situation, de l’avancée des décantations, des propositions concrètes qui nous seraient faites. D’ici l’automne, les différentes discussions que nous devons mener avec LFI mais aussi avec les organisations de la gauche radicale, les courants unitaires du PCF ou des Verts et des secteurs du mouvement social permettront d’ajuster notre dispositif de campagne.

En tout état de cause, notre stratégie doit être conditionnée par notre engagement unitaire, outil indispensable de la lutte antifasciste, et notre orientation révolutionnaire, qui nous impose de défendre notre propre programme.