BULLETIN CHIMIE N.P.A. 76 – N°2
Les Sanofi en pointe dans la lutte pour les augmentations de salaires
Aujourd’hui, alors que le groupe Sanofi-Aventis annonce des bénéfices pharaoniques (8 Milliards €), les augmentations générales de salaire sont limitées à 1,2%. Les salariés du groupe ont pris ça comme une véritable provocation, et spontanément, dans une vingtaine de sites du groupe, la colère a pris forme. L’élément réellement déclencheur a été le départ en grève de l’usine Pasteur à Val de-Reuil jeudi 10 décembre. Ils ont l’avantage de la pression : ce sont eux qui produisent les vaccins contre la grippe A. La direction générale ne s’y est pas trompée puisque, avant même qu’ils partent en mouvement, il leur a été proposé une prime de 1000 € à condition de ne pas cesser le travail. Ils ont refusé car ils revendiquent de véritables augmentations de salaire.
Plusieurs sites, en grève avant les fêtes de Noël, ont repris la grève le 4 janvier dont Sanofi Aventis de St-Aubin Les Elbeuf pour une augmentation de 3% avec un talon de 150€. Jeudi 14 janvier, une manifestation nationale à Paris était organisée : 25 sites en grève dans le groupe Sanofi en France, 3000 grévistes, près de 800 salariés en manifestation devant le siège transformé en camp retranché avec compagnies de CRS et gendarmes mobiles. Mais la direction centrale de Sanofi ne veut rien lâcher. Les sites reprennent le travail petit à petit. Le problème n’est donc toujours pas réglé.
Pour l’avenir il faut une véritable coordination des sites qui partent en même temps en bagarre et que les travailleurs aient le contrôle de leur mouvement.
Coup de semonce sur les salaires à EXXONMOBIL de Lillebonne
Les salariés de la raffinerie ont rejeté fortement l’accord salarial proposé par la direction de 0,6%, en se mettant en grève trois jours du jeudi 14 au samedi 16 janvier. Les taux de grévistes : 80% dans la chimie, et 70% dans le pétrole montre le caractère massif du mouvement et le mécontentement profond.
Solidarité avec la raffinerie des Flandres
Jeudi 14 janvier, la raffinerie Total de Gonfreville l’Orcher était en grève totale tous secteurs confondus en solidarité avec la raffinerie des Flandres près de Dunkerque menacée de fermeture totale ou de dépôt. Le groupe Total refuse de dévoiler le sort réservé à cette raffinerie.
Le groupe Total n’est pas sur la paille mais ses dirigeants profitent de la crise économique pour mettre en œuvre un plan de réorganisation de ses actifs industriels, avec restructurations, délocalisations vers des pays moins regardants en matière environnementale et à bas coûts salariaux. Tous les salariés des raffineries Total du pays se sentent concernés car si on commence à laisser faire la fermeture d’un site, pourquoi cela n’arriverait pas aux autres ? Ces fermetures sont inacceptables, elles ne répondent à aucune nécessité économique sinon aux intérêts financiers des dirigeants de Total qui veulent toujours plus de profits au détriment des emplois et de l’environnement.
Départ anticipé des postes
Les salariés des groupes RHODIA et ARKEMA, à l’appel des syndicats CGT, ont décidé en 2009 de se mettre en grève, une fois par mois pour gagner la reconnaissance de la pénibilité des postés et leur départ anticipé au niveau de la branche chimie. Le 20/01 a été la 2ème journée de grève. Les patrons d’ARKEMA ont accepté de négocier un accord financé par ARKEMA car ils n’ont pas les moyens de supporter une journée de grève par mois sur les 17 sites. A COPENOR Dunkerque : les salariés du site du groupe POLIMERI ont rejoint l’action en faisant grève 24H le 20/01 à l’appel du syndicat CGT. La reconduction de la grève avait été votée si la direction n’acceptait pas de négocier sur la grille fédérale CGT chimie avec 1600€ de salaire minimum au coeff. le plus bas. Le rapport de force a forcé la direction à renégocier les définitions de poste des salariés avec des augmentations de salaire au bout ; exemple : ils ont réussi à faire intégrer dans les objectifs des chefs de poste le bien être des opérateurs avec une augmentation de 194€ par mois.
GPN Grand-Quevilly : la direction règle ses comptes !
En menaçant de licenciement 2 salariées du service paie, la direction dit à tous les salariés : « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais » et surtout « je frappe où je veux, quand je veux ! ». En effet, toute la hiérarchie de l’usine est incitée à jouer avec le code du travail, la durée légale de la semaine ou de la journée, les temps de repos réglementaires, le pointage, les primes… pour éviter à la fois d’embaucher et d’augmenter les salaires. Mais si des salariées ne sont pas assez dociles, l’arbitraire s’abat sur elles et la direction se met à parler de règles, de fautes…Le licenciement est une arme dangereuse entre les mains des patrons qui leur permet d’être juge et partie : il faut interdire les licenciements !
Mardi 13 janvier : manifestation à Amiens en soutien aux Conti qui passaient en jugement
Les salariés de Continental ont mené il y a quelques mois une lutte dure contre les licenciements avec action à la préfecture d’Amiens. La partie civile, la préfecture accuse les Conti de « dégradations » portant atteinte aux libertés fondamentales (sic !). Mais qui porte atteinte au droit à l’emploi, au droit à la vie des salariés en les jetant à la rue si ce n’est les patrons voyous qui licencient ? N’est-ce pas un acte de violence que de priver quelqu’un de revenus ?
La manifestation d’un millier de personnes a rassemblé à Amiens des petites délégations de beaucoup d’entreprises, et de plus grosses comme Goodyear, Renault Cléon et CGT Nord-Pas-De-Calais. Un meeting s’est déroulé devant le Tribunal et la présence militante active a continué jusqu’à la fin du procès à 20h. Résultat du jugement : le 5 février.