La stratégie adoptée par les organisations syndicales françaises depuis janvier 2009, en plein contexte de crise économique et de confrontation avec le gouvernement Fillon, ne cesse d’alimenter des commentaires critiques, marqués par l’incompréhension ou le scepticisme. Alors que l’attentisme des syndicats durant la deuxième moitié de l’année 2008 pouvait être éclairé par la guerre de positions qu’ils se livraient en vue du scrutin prud’homal du 3 décembre – consultation électorale qui, si elle n’a pas mobilisé les salariés, a par contre fortement occupé les équipes militantes, de Solidaires à la CFE-CGC –, la prudence que traduit l’organisation à plusieurs semaines d’intervalle de grandes journées nationales d’action alimente de fortes interrogations quant aux finalités poursuivies et surtout quant aux raisons présidant à de tels choix tactiques.