Yvan Zimmermann, ouvrier et tête de liste dans l'Est du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) aux européennes, veut faire résonner au Parlement européen la « colère de ceux qui subissent la crise ». (Série 5/10)
C'est l'histoire d'un habitué des luttes sociales, qui découvre sa première bataille électorale. A 38 ans, Yvan Zimmermann, militant CGT, employé à l'atelier peinture de l'usine PSA de Mulhouse (Haut-Rhin), est tête de liste dans l'Est du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) aux européennes.
Si on se présente, c'est pour dire que ce n'est pas aux gens qui travaillent de payer la crise (…) On veut que cette parole, celle des gens qu'on n'écoute jamais et qui subissent la crise, rentre au Parlement européen où la question sociale est absente », explique-t-il. S'il est élu, il fera des propositions sur « l'interdiction des licenciements » ou en faveur d'un salaire minimum en Europe, et cognera sans réserve sur « l'Europe des banquiers » qui « ne propose que des lois libérales ».
La faute selon lui aux eurodéputés, des « eurocrates » et des « politiciens professionnels » qui vivent « dans le luxe » et « ne travaillent plus depuis longtemps ». Sa liste, au contraire, présente des gens « qui mènent une vraie vie » et qui veulent porter la « colère » et la « lutte » sociales au Parlement. La « vraie vie » d'Yvan Zimmermann, c'est celle d'un ouvrier du secteur de l'automobile, employé depuis une douzaine d'années chez PSA mais qui, depuis quelque temps, a dû passer à mi-temps pour cumuler deux emplois. « Comme beaucoup d'employés de PSA », affirme-t-il.
« Grosses bagarres »
« J'ai une grande famille », explique ce Mulhousien, père de quatre enfants et dont l'épouse est sans emploi. « Et un salaire plein ne suffit pas. » Alors, pour améliorer l'ordinaire, il fait des travaux d'élagage chez des particuliers ou en sous-traitance pour au final gagner plus qu'un temps plein.
Ses parents – tous deux infirmiers, soixante-huitards tendance autogestionnaire – étaient encartés à la CFDT. Adolescent, il fréquente les milieux tiers-mondistes, fait un passage à Lutte ouvrière avant d'être séduit par le « frère ennemi » trotskiste, la Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot, « ancêtre » du NPA.
En 2008, il monte sur Mulhouse Union 68, prélude local au NPA, avant d'être bombardé tête de liste aux européennes : « Je suis ouvrier. Le fait que je sois tête de liste, c'est un symbole pour tous ceux qui subissent la crise », analyse-t-il. Il a démarré sa campagne il y a environ trois semaines avec des moyens quasi artisanaux : déplacements en voiture personnelle, hébergement chez des camarades les soirs de meetings…
Patiemment, il continue de labourer un terrain social que la crise a, espère-t-il, rendu réceptif aux discours sociaux musclés. « On ne pourra pas économiser de grosses bagarres dans les rues pour changer les choses », prophétise cet admirateur du LKP antillais, prenant pour exemple « Mai 68 » qui a « changé plus de choses que n'importe quelle élection ».
La faute selon lui aux eurodéputés, des « eurocrates » et des « politiciens professionnels » qui vivent « dans le luxe » et « ne travaillent plus depuis longtemps ». Sa liste, au contraire, présente des gens « qui mènent une vraie vie » et qui veulent porter la « colère » et la « lutte » sociales au Parlement. La « vraie vie » d'Yvan Zimmermann, c'est celle d'un ouvrier du secteur de l'automobile, employé depuis une douzaine d'années chez PSA mais qui, depuis quelque temps, a dû passer à mi-temps pour cumuler deux emplois. « Comme beaucoup d'employés de PSA », affirme-t-il.
« Grosses bagarres »
« J'ai une grande famille », explique ce Mulhousien, père de quatre enfants et dont l'épouse est sans emploi. « Et un salaire plein ne suffit pas. » Alors, pour améliorer l'ordinaire, il fait des travaux d'élagage chez des particuliers ou en sous-traitance pour au final gagner plus qu'un temps plein.
Ses parents – tous deux infirmiers, soixante-huitards tendance autogestionnaire – étaient encartés à la CFDT. Adolescent, il fréquente les milieux tiers-mondistes, fait un passage à Lutte ouvrière avant d'être séduit par le « frère ennemi » trotskiste, la Ligue communiste révolutionnaire d'Olivier Besancenot, « ancêtre » du NPA.
En 2008, il monte sur Mulhouse Union 68, prélude local au NPA, avant d'être bombardé tête de liste aux européennes : « Je suis ouvrier. Le fait que je sois tête de liste, c'est un symbole pour tous ceux qui subissent la crise », analyse-t-il. Il a démarré sa campagne il y a environ trois semaines avec des moyens quasi artisanaux : déplacements en voiture personnelle, hébergement chez des camarades les soirs de meetings…
Patiemment, il continue de labourer un terrain social que la crise a, espère-t-il, rendu réceptif aux discours sociaux musclés. « On ne pourra pas économiser de grosses bagarres dans les rues pour changer les choses », prophétise cet admirateur du LKP antillais, prenant pour exemple « Mai 68 » qui a « changé plus de choses que n'importe quelle élection ».
Edition France Soir du samedi 30 mai 2009 page 4