Mardi soir : au moins 8 enfants rejetés à la rue par le 115 qui ose toujours s’appeller Samu Social ! Pour 2 familles, que nous connaissons, l’errance s’est terminée aux urgences pédiatriques.
Pour les OGELE comme d’habitude le premier refus est prononcé à 17h… juste à la sortie de l’école pour les enfants. Les enfants et les parents commencent donc à déambuler dans les parcs. C’est le 3ème refus d’hébergement de suite (dimanche, lundi, mardi).
18h : deuxième refus.
20h : c’est le refus définitif pour la nuit.
“Il n’y a pas de place nous ne gérons que des places pas des êtres humains !” semble dire la “brave dame” du 115. Elle ne parle que de statistiques “Nous avons 28 personnes dehors aujourd’hui”. Petit livre de comptes pour historien ou statisticiens mais bien loin des objectifs affichés de la Croix Rouge.
La nuit est donc tombée et hier, un des enfants exténué vient de chuter et de se blesser à la cheville. Pas de problème pour le gardien du parc qui les fait sortir. Voit-il donc régulièrement dans son parc des familles entières avec tous leurs sacs à la tombée de la nuit ?
L’enfant peut à peine poser le pied par terre… mais “je ne fais que mon travail vous ne pouvez rester là ” semble dire le gardien qui ne va pas plus loin que son problème de grilles à fermer.
Les enfants accompagnés des parents traversent la ville et à pied vont aux urgences pédiatriques. Là, attente de plusieurs heures. “Princesse” la petite de 2 ans sera examinée pour des problèmes d’oreille et digestif. Peter se voit diagnostiqué une bonne entorse de la cheville. “Pas de sport durant 3 semaines !” lui dit-on…. alors que son problème est l’errance à pied dans les rues… et qu’il va devoir en faire “du sport” !
“Vous êtes soignés, vous êtes sortant !” “L’hôpital n’est pas un lieu d’hébergement !” “Il faut partir !” dit-on alors aux parents. Il est 23heures, les enfants sont épuisés. Mais cela n’est plus du médical. Le 115, contacté, ne veut rien faire… comme si tous les hôtels de la ville étaient pleins !
Les soignants des urgences appellent le directeur de garde qui confirme le diagnostic “il faut partir”. Pour revenir, malade, après une nuit passée dehors ?
Il est minuit passé quand la famille quitte à pied l’hôpital. Peter boitille, Princesse pleure, Emmanuel crie de fatigue, Steve s’interroge : “où allons nous maintenant ?”
Le préfet responsable, de tous les blocages, (et son chien ?) dorment au chaud. Il en est sans doute de mêmes des responsables de la Croix Rouge orléanaise qui ont créé cette situation en expulsant la famille le 13 août dernier. La personne répondant au 115 est sans doute fier de son travail “humanitaire”.
Toutes les personnes qui ont vu la détresse de la famille durant cette soirée ont “fait leur travail”… mais pourquoi, les citoyens qu’elles sont, ne dépasseraient pas “ce travail” et ne crieraient pas ce qu’elles ont sur le coeur ! C’est cela qui fixeraient les limites à un préfet hors la loi.
Où alors que devient la société dans laquelle nous vivons ?
François