Publié le Mardi 3 novembre 2009 à 07h58.

le tract du 30 octobre des sans papiers en grève de VITRY

Soumis par vitry94 le mar 03/11/2009 - 07:58

L'occupation devant le Centre des Impôts de Vitry continue
Nous avons investi le Centre des Impôts lundi 19 octobre. Nous avons été brutalement expulsé le soir même. Nous occupons maintenant le trottoir devant lui, de façon permanente.
Mercredi 28 un rassemblement de 220 personnes devant le centre a confirmé le soutien que notre lutte rencontre parmi les autres travailleurs de la ville.
Nous sommes des travailleurs sans-papiers. Depuis le 12 octobre de nombreuses occupations ont été lancées. Nous travaillons dans la restauration, le nettoyage, le gardiennage, les chantiers, le
commerce de gros (Rungis). Nous sommes en CDI, en interim, parfois en travail au noir.
Nous nous battons pour la régularisations de tous les sans-papiers. Pas seulement des travailleurs mais aussi les femmes à la maison, les élèves étrangers. Nous les invitons à nous rejoindre sur le piquet. Nous dénonçons l'Etat qui organise notre exploitation.
Le racket par les impôts
Le racket sur les salariés sans papiers s'opère par différentes méthodes.
Celle que nous montrons doigt avec cette occupation est la ponction par le biais de l'impôt. 70% des salariés sans-papiers ont un contrat de travail sous une identité d'emprunt. En général quelqu'un de la famille qui est en règle. Le patron, parfois, ne connait pas la situation de son employé, mais souvent, c'est lui qui lui demande d'emprunter une « bonne » identité
Nos frères avec papiers, qui nous prêtent leur identité, la donnent parfois à deux, trois, quatre personnes. Mais au moment où sonne l'heure de remplir la feuille d'impôt, ils sont bien obligés de déclarer l'ensemble des salaires perçus sous leur nom. Il n'y a pas de possibilité de tricher car les montants à déclarer sont envoyés au fisc par les entreprises. L'Etat connait donc parfaitement la situation de ces
contribuables ouvriers aux revenus exceptionnels. Elle sait aussi quelles sont les entreprises qui exploitent à fond le filon, comme la SENI (une entreprise de nettoyage occupée au Kremlin Bicètre) ou la plupart des petites entreprises de Rungis. Le salarié en règle, en général smicard, sur la base de son seul salaire, aurait payé peu ou pas d'impôts. Amené, par des obligations familiales à prêter son nom, il se retrouve avec des tranches d'impositions digne des cadres supérieurs des grandes entreprises. Évidemment il est convenu que le prêt
d'identité ne doit rien lui couter et ce sont les sans-papiers qui se partagent sa dette au trésor public.

Pour l'égalité des droits
D'autres rackets ont lieux. Sur les cotisations sociales, les taxes. Le sort qui nous est fait met en danger tous les travailleurs. Nous sommes dans la situation où les patrons veulent diriger tous les ouvriers et employés. Sans Sécu, sans retraite, acceptant n'importe quel boulot, payé en dessous du SMIC. C'est comme ça que le patronat
de Sarkozy et Parisot voudraient voir tous les travailleurs de France.
La seule solution serait que tous les travailleurs se battent avec nous pour l'égalité des droits et, en particulier, pour obtenir notre régularisation par une carte de dix ans. La régularisation est un objectif. Mais c'est aussi, pour nous, un moyen pour pouvoir participer de plein droit à toutes les luttes. Luttes pour le logement, la santé,
la retraite... Car patronat et gouvernements attaquent sur tous les fronts. La mobilisation ne fait que commencer.

Ensemble nous vaincrons.
Les grévistes sans-papiers de Vitry-sur-Seine
Régularisation de tous les sans-papiers par une carte de dix ans.

Tous ensemble mercredi 4 novembre à 17h00
à la gare centrale de VITRY du RER C
Manifestation en direction du centre des impôts