D'ici la fin de l'année, les habitants du Goëlo ont l'opportunité de reprendre en main la gestion de l'eau sans les pénalités qu'occasionnent une rupture de contrat avec un opérateur privé. C'est l'occasion de rappeler quelques évidences alors qu'on tente aujourd'hui une nouvelle fois de noyer le débat de fond sous des études techniques soi-disant impartiales ...
L'eau n'est pas une marchandise !
L'eau est nécessaire à chaque être humain. Cette ressource abondante nous appartient collectivement. Nul ne peut nous interdire d'y avoir accès ni même pouvoir la contrôler encore moins en faire commerce … en théorie. Dans la pratique, des multinationales contrôlent l'accès à ce bien commun sur une large majorité du territoire national. De cette situation de quasi-monopole, elles tirent grands profits sur le dos des usagers : c'est la marchandisation de l'eau.
Le privé fait augmenter les prix !
Où est l'intérêt pour une multinationale comme Véolia si elle ne peut dégager de marge, si elle ne peut engranger de profits pour rémunérer ses actionnaires ?! Soyons sérieux … La pratique commerciale est courante : afficher un prix plus bas que son concurrent pour décrocher le marché pour ensuite tondre tranquillement le client qui s'est engagé sur une longue durée. En l'occurence, le tondu aujourd'hui c'est nous tous !
Ces sociétés remplacent le coût d'exploitation de la ressource que l'on retrouve dans la gestion 100% publique et qui est simple à déterminer par un prix. Ce prix est fixé au début du contrat et évolue régulièrement à chaque échéance selon une formule délibéremment obscure qu'elles sont au final les seules à maîtriser. Unique élément dont on peut être sûr : ce prix est largement déconnecté de leurs frais réels comme l'ont démontré de nombreuses associations d'usagers ce qui leur permet au final de dégager la fameuse marge, garantie de leur bonne santé en Bourse.
Trêve de technique, les faits sont têtus à l'inverse du résultat d'une étude qui fluctue au gré de celui qui la commande : les rapports officiels (Assemblée nationale) situent le prix de l'eau distribuée par le privé dans une fourchette de 27 à 44 % plus élevée que le prix de l'eau distribuée par les régies publiques !
Pour un service public de l'eau !
Les impératifs liés à la gestion d'une ressource telle que l'eau sont incompatibles avec la délégation d'un service public à une société privée dont l'unique fonction est de rémunérer ses actionnaires.
L'eau doit être gérée sous le contrôle de la population et ce dans une totale transparence pour éviter les dérives auxquelles nous avons assisté ces dernières années, ici ou ailleurs. Aujourd'hui, l'état se défausse sur les élus des collectivités territoriales. Demain, il s'agira de créer un véritable service public de l'eau. Quel autre meilleur moyen que de récupérer ce que nous avons payé ?
Pour Véolia & consorts, une seule réponse :
la nationalisation !