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Bulletin transfrontalier «sidérurgie» du NPA - février 2009
Diffusé sur les sites lorrains et luxembourgeois
Un plan de casse encore plus important… qu’annoncé en décembre 2008 !
ArcelorMittal avait annoncé un plan de 9000 suppressions d’emplois. Mais lors de sa communication sur les résultats de 2008, L.Mittal a indiqué « que les suppressions d’emplois seraient supérieures à celles initialement prévues ». Il ne fait pas de doute que les usines du groupe de la grande région vont subir une nouvelle saignée dans les services de la production.
Gandrange : Rien que du vent !
Dans ce contexte, « les mesures de revitalisation de Gandrange » tant vantées par Sarkozy et Mittal ne sont que de la poudre aux yeux : 10 millions promis, 3 millions déboursés et projets d’investissements au point mort. Une formation pour 20 jeunes, un tiers du budget consacré à un cabinet de conseil, deux projets de centrales électriques volatilisés, l’arrêt du deuxième haut-fourneau de Florange, plusieurs milliers de sous-traitants sur le carreau. Pour ce qui concerne les mutations beaucoup n’ont pas de reclassement. Pour d’autres, cela se fait avec une perte de salaire et des contraintes horaires nouvelles et certains sont revenus sur le site de Gandrange.
Pendant la crise, les profits continuent.
Comme le relève le journal « les Echos », que l’on ne peut pas soupçonner d’être copain avec Besancenot, « en 2008, Mittal encaisse un bénéfice certes en baisse, mais de 6,4 milliards tout de même… Face à la chute de ses marchés, il a, dès le début du 4ème trimestre sabré dans la production et ses effectifs à un niveau bien supérieur à la baisse de la demande ». Le chômage partiel touche tout le monde, mais les affaires sont florissantes pour une minorité : malgré le yoyo boursier, l’action Mittal a progressé de plus de 13% depuis le 1er janvier 2009.
La crise est un prétexte commode pour justifier une nouvelle destruction massive d’emploi. C’est aussi un bon moyen pour bénéficier de l’aubaine « des plans de relance gouvernementaux ». Nul besoin d’être expert pour constater que la seule relance qui les intéresse, c’est la relance des profits. Les grands groupes jouent leur partie en tentant de procéder à un nouveau partage des marchés. Ils adaptent leurs productions pour maintenir leurs taux de profit.
Interdiction des licenciements, continuité du contrat de travail et du salaire !
Les mesures contre les sidérurgistes et les salariés de la sous-traitance – chômage technique, suppressions d’emplois, licenciements, arrêt de l’embauche des jeunes, renvoi des intérimaires, blocage des salaires – démontrent encore une fois que les salariés ne doivent accorder aucune confiance au patronat et au gouvernement à son service.
Les salariés n’ont pas à faire les frais de cette crise dont ils ne sont en rien responsables.
Pour tous, il faut le maintien du contrat de travail, du salaire et des qualifications. Le patronat doit financer sur les profits la gestion de tous les emplois. Un fond de mutualisation devrait assurer la permanence de ceux-ci au-delà des aléas de telle ou telle entreprise. Oui, c’est une bataille sociale de très grande ampleur. Une bataille de même ampleur que celle de la conquête de la Sécurité Sociale.
Nous serions alors loin des illusions des « cellules de reclassement » qui ne gèrent que la dérive des salariés vers la précarité. Ces « plans de reclassement » sont aussi de nouvelles occasions de cadeaux pour le patronat sous forme d’aides publiques.
Propriété publique indispensable! Réquisition incontournable !
La crise actuelle rend une réponse anticapitaliste plus urgente que jamais. Opposons à la propriété privée des groupes comme ArcelorMittal la propriété publique, collective avec contrôle démocratique exercé par les salariés pour la satisfaction des besoins. Afin que nos revendications puissent développer toute leur intensité, il faut qu’elles se situent au centre des luttes de tous les salariés d’ArcelorMittal, peu importe de quel côté des frontières se trouvent les usines et les laminoirs.
Ce ne sont pas quelques actionnaires avides et sans scrupules qui doivent faire la loi.
Pour une riposte à la hauteur, à l’échelle du groupe.
Il ne faut plus laisser L.Mittal ou les gouvernements se payer notre tête et si Sarkozy revient à Gandrange, il faudra le recevoir comme il le mérite. Car lorsque le monde du travail se fait plus visible comme le 29 janvier ou comme actuellement en Guadeloupe et en Martinique, l’inquiétude change de camp.