Édito de l'Anticapitaliste n° 806, par Olivier Lek Lafferrière
« Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir » : deux vidéos, l’une tournée à Rodez, l’autre qui aurait été filmée le 1er mai à Roiffieux, montrent des militantEs du RN faisant la fête en scandant ce slogan.
Nous voulons adresser notre soutien à toutes les personnes assignées Arabes qui voient circuler en boucle, depuis plusieurs jours, des vidéos dans lesquelles des militantEs du parti annoncé favori pour l’élection présidentielle scandent des chants appelant à leur déshumanisation et à leur mise à mort de masse.
Ces vidéos ne nous apprennent rien de fondamental. Nous savons que l’extrême droite porte un projet profondément raciste, fondé sur la hiérarchisation des êtres humains, l’humiliation, la violence et la mort contre celles et ceux qu’elle désigne comme étrangers à la nation.
Et celles et ceux qui soutiennent l’extrême droite, les médias qui la banalisent, les millionnaires qui la financent et les secteurs du patronat comme de la droite prêts à s’allier avec elle, le savent pertinemment. Ils sont, au minimum, disposés à s’en accommoder.
Savoir que l’extrême droite porte un projet d’une extrême violence ne rend cependant pas moins éprouvante l’exposition à son expression la plus brutale, surtout lorsqu’elle est répétée et, par là même, banalisée. Car entre savoir et voir, il y a une différence. Être confronté aux manifestations les plus décomplexées de ce projet n’est pas anodin pour les personnes visées.
Les politiques islamophobes menées ces dernières décennies, accélérées par Macron et ses gouvernements, ont préparé le terrain. Le traitement politique et médiatique réservé aux PalestinienNEs, porté bien au-delà de l’extrême droite organisée, a également contribué à créer un climat dans lequel des discours pogromistes et génocidaires visant certaines composantes de la population française peuvent s’exprimer de plus en plus ouvertement.
Nous nous engageons à tout faire pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et, si elle y parvient, pour faire obstacle à son projet et organiser la résistance.
C’est le moment de rejoindre les cadres d’organisation et de mobilisation collective, aussi imparfaits soient-ils, et de cesser de regarder la catastrophe venir.