Publié le Mardi 8 septembre 2026 à 15h09.

Soutien à Amin Original, interpellé pour « apologie du terrorisme » pour avoir prié sur une place publique

Sur son compte Instagram, le youtubeur Amin Original rapporte dans une vidéo virale le traumatisme de son interpellation pour « apologie du terrorisme », alors qu’il ne faisait que prier sur une place publique. De la prière comme apologie du terrorisme : une rentrée islamophobe pire que les autres ?

Au-delà des polémiques et des promesses électorales racistes, l’islamophobie réelle progresse. L’interpellation d’un homme arabo-musulman, Amin, à Enghien-les-Bains, par la BAC, ce 1er septembre, au motif d’une « apologie du terrorisme » pour la pratique de la salât dans l’espace public, est significative d’un glissement. Résultat : 24 heures de garde à vue et une accusation d’apologie du terrorisme pour avoir simplement prié en étant musulman. Pour l’humoriste, qui avait déjà plusieurs fois affirmé sa conviction que l’islam et la francité étaient compatibles, il ne s’agissait que d’exercer ses droits et de pratiquer son culte librement. Après tout, la liberté de croyance et de culte est prétendument garantie en France…

La religion, un fait privé ?

La pratique de la prière islamique a ses règles : elle doit être effectuée dans un temps déterminé et a pour conditions de validité des gestes et des récitations rituelles, parfois prononcées à voix haute, et elle inclut la prononciation récurrente du takbîr (« Allahu akbar »). Elle n’est pas interdite dans l’espace public par la loi. La seule restriction concerne le possible trouble à l’ordre public que peuvent représenter des prières collectives, par l’occupation d’un espace dévolu à d’autres usages.

Le cas est bien différent lorsqu’une femme appelle la police par racisme parce qu’un homme prie sur une place, sans nuire à personne. Si la police n’était pas raciste, elle aurait réprimandé la femme raciste et lui aurait expliqué qu’il n’y avait aucun danger. Au lieu de quoi, elle a déclenché une intervention massive en dépêchant plusieurs fourgons. Pire encore, alors que l’absence de danger était manifeste, elle a déclenché une procédure d’enquête pour apologie du terrorisme, avec une garde à vue de 24 heures et la fouille des effets personnels de l’intéressé, notamment de son ordinateur.

« Apologie du terrorisme » : délit d’islamité !

Depuis 2015, le recours à l’accusation d’« apologie du terrorisme » s’est considérablement accru pour viser différentes manifestations de l’islam, souvent pour intimider les personnes concernées. Les mobilisations contre le génocide du peuple palestinien ont été l’occasion d’une nouvelle recrudescence de ces poursuites. L’application de cette qualification au geste cultuel, individuel et banal d’un simple croyant met en évidence l’aggravation de la pression raciste sur les musulmanEs.

Dans un contexte de polémiques contre le port du hijab, et après que Laurent Wauquiez a agité l’an dernier la menace d’une interdiction du jeûne, il n’est pas excessif de dire qu’à travers la répression de la pratique d’Amin, c’est la criminalisation de la pratique individuelle du culte qui est en marche. C’est pourquoi défendre le droit à la visibilité musulmane est nécessaire pour lutter contre le fascisme qui vient.

Hafiza b. Kreje