C’est au son de Porcherie des Béruriers noirs que s’est lancée la manifestation de près de 500 personnes contre la porcherie industrielle du Villard, sur la commune de Royère-de-Vassivière, ce samedi 9 mai, près du lac de Vassivière dans la Creuse.
Installée dans l’Allier, la coopérative Cyrhio, soutien du projet, développe un modèle d’exploitation animale intensive. Son objectif : s’étendre dans le centre de la France suivant le modèle dévastateur des porcheries bretonnes.
Agro-industrie dévastatrice
Au Villard, ce serait, pour commencer, 1200 porcs qui ne verraient jamais la lumière du jour, enfermés, sur caillebotis en plastique, et 300 hectares d’épandage sur trois communes alentour : Royère-de-Vassivière, Faux-la-Montagne et Gentioux-Pigerolles, avec seulement un emploi à mi-temps qui serait créé.
« Attention à la Cyrhiose ! » : les opposantEs à la porcherie ne s’y trompent pas, il s’agit de dénoncer un projet pollueur et nocif pour l’eau, la terre, l’air, les humains et les animaux, avec la prolifération de cyanobactéries et de cyanotoxines aux effets irréversibles dans les nombreux cours d’eau du Plateau de Millevaches, qui signifie « mille sources ».
Large mobilisation
« Les feux sont au vert », répétaient à l’unisson, il y a quelques semaines, le préfet de la Creuse et le président de la FDSEA-23, annonçant une décision favorable au projet, au mépris des risques sanitaires, de la souffrance animale et surtout des avis des citoyenNEs, nombreuxES à dénoncer cette installation : 70000 personnes ont signé la pétition et 1000 ont déposé des avis négatifs en préfecture lors de la consultation publique du mois de mars 2026.
LâchéEs par l’ARS, par l’État comme par la Chambre d’agriculture 23, les militantEs du vivant ont malgré tout bien convaincu autour d’eux : des réunions organisées dans les communes concernées, un rassemblement réussi le 21 mars sur l’Île de Vassivière réunissant près de 400 personnes ont contribué à étoffer le collectif « Non à la porcherie du lac ». Et les maires des trois communes dénoncent publiquement le projet. Finalement, comme le titrait l’appel au rassemblement de ce samedi 9 mai, « les feux sont au rouge » !
Les opposantEs ont été rejoints par le Syndicat d’aménagement du lac dont le dernier plan d’assainissement des eaux s’élève à 9 millions d’euros ! Il faut dire que le lac accueille près de 180000 touristes par an. Même le président de la région Nouvelle-Aquitaine (PS) a fini par se déclarer contre ce projet. La région a pourtant accordé une subvention conséquente pour la super-porcherie qu’elle a apparemment encore bien du mal à retirer. Tourisme et agriculture intensive ne font pas bon ménage, révélant au passage des contradictions irréconciliables.
Gouvernement complice d’écocide
En soutenant cette implantation, le préfet a montré qu’il était aux ordres de la FDSEA. Comme pour le projet de méga-usine de pellets à Guéret, il s’inscrit dans la droite ligne de la Macronie qui soutient tous les projets écocidaires lucratifs pour une poignée de capitalistes. Avec la loi Duplomb, l’installation de telles structures est exemptée d’étude d’impact, contraignante voire bloquante.
Toutefois, le préfet a dû tempérer : à deux jours de la mobilisation, il a annoncé reporter sa décision de deux mois, au 17 juillet. Le collectif « Non à la porcherie du lac » ne prévoit pas d’attendre les bras croisés : l’arrivée des touristes sera l’occasion de faire connaître largement le projet, des réunions pour préparer la suite de la mobilisation sont fixées et la convergence avec la lutte contre la super-porcherie de Bujaleuf (dans le giron de Cyrhio, elle aussi), à quelques kilomètres de là et dont la capacité est en voie d’extension à 3000 porcs, est à l’ordre du jour.
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