Publié le Jeudi 7 mai 2026 à 20h10.

Pour sortir des fossiles, abattre le capitalisme extractiviste

Le sommet international sur la sortie des combustibles fossiles, co-organisé par la Colombie et les Pays-Bas, s’est déroulé du 24 au 29 avril 2026 à Santa Marta (Colombie). Alors que les COP se refusent à évoquer les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon), ce sommet est exclusivement consacré à leur réduction et à leur élimination. De plus, il exclut leurs lobbys !

Il y a urgence. En 2030, la production fossile dépasserait de 120 % les niveaux compatibles avec l’accord de Paris. 50 à 60 pays, représentant 20 % de la production mondiale de combustibles fossiles et un tiers de la demande, ont participé au sommet, dont le Canada et la Norvège. Mais l’absence des grands producteurs de pétrole et de gaz (États-Unis, Chine, Inde, Arabie saoudite) limite fortement la portée des décisions prises.

Pas d’engagement contraignant

Cette initiative diplomatique inédite est un signal politique fort. Quand l’urgence climatique se combine à l’extension des guerres et à la militarisation croissante, le message est clair : la lutte contre le réchauffement climatique doit passer par l’abandon définitif des combustibles fossiles. L’ennemi principal est désigné : le capitalisme prédateur et écocidaire. Mais le décalage entre les déclarations et les politiques mises en place est profond.

L’objectif affiché est d’accélérer le passage à des « économies bas-carbone » et de suspendre toute nouvelle infrastructure pétrolière ou gazière, alors que les subventions aux combustibles fossiles ont atteint 7 300 milliards de dollars au niveau mondial en 2023. Même si Gustavo Petro, président de la Colombie, a dénoncé un capitalisme « suicidaire » dépendant des fossiles, et a lié la crise énergétique à des conflits géopolitiques, aucune mesure contraignante n’a été adoptée.

De bonnes intentions, aucune conséquence

Les représentantEs des peuples autochtones ou marginalisés ont posé la question de la justice climatique, de la dette et des réparations dues aux pays du Sud.

Les États du Pacifique espèrent ouvrir des négociations en vue d’un « traité de non-prolifération des énergies fossiles ». Inspirée du modèle du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, cette initiative vise à mettre fin au financement et à la construction de nouvelles infrastructures fossiles, puis à réduire la production existante. 

Mais, faute d’engagements contraignants, et surtout faute de s’affronter aux intérêts privés qui organisent la surconsommation, la destruction écologique et l’exploitation des ressources, ce sommet reste structurellement impuissant. L’implication des peuples dans les décisions sur l’avenir de leurs terres, la lutte contre les inégalités structurelles liées à l’extractivisme et à son impact sur les communautés autochtones sont restées au stade des déclarations.

La réponse écosocialiste

Les 7e rencontres écosocialistes programmées à Bruxelles du 15 au 17 mai 2026 seront l’occasion de rappeler la nécessité d’un mouvement global coordonné contre le capitalisme extractiviste, intégrant luttes anti-­impérialistes, solidarité Sud/Nord et transformation systémique plutôt que simples ajustements politiques. La ­question centrale est fondamentalement politique : qui décide de la production d’énergie, pour satisfaire quels besoins, et dans quel cadre social ?

Les urgences écosocialistes exigent l’arrêt immédiat de tout nouveau projet fossile, l’annulation de la dette des pays du Sud et le contrôle public et démocratique de l’énergie ainsi que l’expropriation des multinationales extractivistes.

Commission nationale écologie