Publié le Lundi 2 février 2026 à 14h22.

École : ça craque dans le 35 !

Le 27 janvier, plus de 20 % des personnels du premier degré (professeurEs des écoles, AESH – accompagnantEs d’élèves en situation de handicap) ont fait grève à l'appel d'une intersyndicale très large (FSU-SNUipp 35, SE-Unsa 35, CGT Éduc’action 35, SUD Éducation 35, CFDT 35, SNUDI-FO 35), avec le soutien des parents d'élèves de la FCPE 35. La manifestation devant le rectorat a réuni 300 personnes et l'assemblée générale des grévistes 40. Pour une grève départementale, ce sont des chiffres élevés.

C'est un mouvement atypique. Grève départementale en Ille-et-Vilaine, dans le seul premier degré (les écoles), elle fait suite à une alerte sociale. Les souffrances au travail, à l'école, en Ille-et-Vilaine, explosent ! 

Alerte sociale

Elles sont mesurées par le nombre de fiches SST (Santé Sécurité au Travail), comptabilisées par le rectorat. On compte 50 % des fiches SST de Bretagne en Ille-et-Vilaine, dont 65 % dans le premier degré. Ce qui est en cause, ce sont les conditions de travail, notamment les difficultés liées à l'inclusion des enfants en situation de handicap, du fait d'un criant manque de moyens.

Cela concerne tant les postes d'enseignantEs spécialiséEs que les postes d'AESH. En effet, un grand nombre de notifications AESH (la reconnaissance de la nécessité pour unE élève en situation de handicap d'être accompagnéE dans sa scolarité) ne sont pas suivies de l'affectation d'AESH, car il en manque cruellement ! Ainsi, les enseignantEs sont obligéEs d'assumer seulEs l'inclusion, sans aide, sans moyens, et se retrouvent dans des situations ingérables, avec dans leur classe des enfants atteintEs de troubles parfois très perturbants. Il y a également dans le département un manque très important de places dans les structures spécialisées, ce qui fait qu'un grand nombre d'orientations vers les IME ne sont tout simplement pas suivies d'effet.

Ces problèmes sont récurrents en Ille-et-Vilaine et ont déjà fait l'objet, les années passées, de grèves et de manifestations, ainsi que de mouvements de parents d'élèves. Tout le monde (ou presque) se dit favorable à l'inclusion, au droit à la scolarisation de tous les enfants dans l'école ordinaire, à condition d'en avoir les moyens. Imposer aux enfants, aux parents, aux AESH, aux enseignantEs, des conditions dégradées de travail et de vie dans l'école revient à les exposer, les unEs et les autres, à une violence institutionnelle intolérable.

La carte scolaire

Cette mobilisation se déroule sur fond d'une grosse inquiétude dans le département concernant la carte scolaire (le processus départemental d'attribution des moyens, ouvertures et fermetures de classes). Celle-ci se tient habituellement en janvier-février, mais elle est repoussée cette année en mars, du fait des élections municipales. On sait déjà que l'académie va perdre 86 postes dans le premier degré, dont a priori une quarantaine dans le 35. Or le département connaît déjà un des plus mauvais rapports professeurEs/élèves de France !

Les grévistes, relayéEs par nos camarades syndicalistes, lancent l'alerte : « les collègues sont à bout, on reçoit de plus en plus d'échos de perte de sens du métier, se traduisant par de croissants désirs de démission ».

Cela conduira les organisations syndicales à impulser une nouvelle mobilisation en mars, avant les municipales, pour faire pression sur les propositions de carte scolaire.

CorrespondantEs