Publié le Jeudi 7 mai 2026 à 08h00.

La flottille pour Gaza attaquée : la solidarité n’est pas un crime !

L’attaque de la flottille pour Gaza dans les eaux internationales révèle une nouvelle fois l’impunité d’Israël, la complicité des puissances occidentales et la répression de la solidarité internationale. Parce nous refusons l’abandon du peuple palestinien, nos yeux sont braqués sur les flottilles. 

L’impunité d’Israël n’a plus de limites. Ses soldats ont intercepté la flottille humanitaire Global Sumud dans les eaux internationales au large de la Crète, soit à près de 1 000 km de Gaza.

Une violence débridée

Les soldats ont abîmé plusieurs bateaux, les laissant à la dérive. Ils ont utilisé des moyens de guerre pour brouiller les communications. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et les témoignages concordent sur la violence de l’action : des cowboys surarmés débarquant en jet ski, menaçant avec des armes de guerre, parfois extrêmement violents, face à des ­militantEs pacifistes et désarméEs.

La plupart des militantEs ont été relâchés en Crète — ce qui implique un soutien des autorités grecques. Deux responsables des flottilles, Saif Abu Keshek, un ressortissant hispano-­suédois d’origine palestinienne, et Thiago Avila, un ressortissant brésilien, ont été emmenés de force en Israël. Selon l’ambassade du Brésil, M. Avila a déclaré avoir été soumis à des actes de torture, des coups et des mauvais traitements pendant sa détention en Israël, des marques visibles sur son visage ayant été observées. Abu Keshek a aussi été soumis à la torture et à de mauvais traitements pendant sa détention à bord du navire militaire avant son transfert, selon la Global Sumud Flotilla, citant des témoins oculaires. Un tribunal israélien a d’ailleurs prolongé de deux jours leur détention en Israël.

Impunité israélienne, abandon des PalestinienNEs

Cette attaque est scandaleuse et évidemment illégale, mais il ne s’agit pas d’un obstacle pour Israël, qui piétine le droit depuis plusieurs décennies en toute impunité. Sur les flottilles, Israël n’est évidemment pas à son coup d’essai. Lors de la première tentative de briser le blocus maritime de Gaza en 2010, l’armée d’occupation avait assassiné une dizaine de militants humanitaires sur une flottille de ce type. L’an dernier, les deux flottilles avaient été arrêtées dans les eaux internationales et leurs équipages soumis à des mauvais traitements en Israël avant d’être expulsés. Il s’agit donc d’une répétition, mais cette fois beaucoup plus loin des côtes palestiniennes, avec la complicité directe d’un État européen.

Le blocus de Gaza, commencé en 2008 suite aux élections législatives qui ont consacré la victoire du Hamas dans la bande, a isolé dramatiquement plus de deux millions de PalestinienNEs pendant près de 15 ans. Suite à la guerre génocidaire commencée en 2023 et au faux cessez-le-feu (le troisième) depuis octobre, la situation humanitaire est catastrophique. Le peuple palestinien a été abandonné.

Avoir les yeux braqués sur les flottilles

Dans ce contexte, les flottilles, plus que la quantité d’aide humanitaire qu’elles peuvent apporter, permettent de symboliser la solidarité entre les peuples par-delà l’hypocrisie et la complicité de nos dirigeants. Elles posent aussi la question de briser un blocus meurtrier et illégal. Elles remettent dans le champ médiatique la situation à Gaza et le génocide contre le peuple palestinien. Mais elles ne suffiront pas sans un mouvement de solidarité combatif dans les puissances occidentales complices, nos centres impérialistes, et notamment en France.

Avoir les yeux braqués sur les flottilles, c’est assurer leur sécurité, mais également relancer la pression sur nos dirigeants. C’est également dénoncer l’inaction de Macron. C’est enfin redire que nous nous battons pour une Palestine libre de la mer au Jourdain.
Le 16 mai a lieu la commémoration de la Nakba — le massacre et l’expulsion de centaines de milliers de palestinienNEs de leur terre en 1948, nous devons nous mobiliser partout en France pour remettre la Palestine au centre de la carte politique.

All eyes on the flotilla, all eyes on Gaza !

Édouard Soulier