Publié le Mardi 3 mars 2026 à 18h20.

Le peuple des États-Unis soutiendra-t-il la guerre de Trump contre l’Iran ?

Le président Donald Trump avait promis d’être le « président de la paix » et d’éviter les guerres étrangères de changement de régime comme les « guerres sans fin » menées par les États-Unis en Irak et en Afghanistan. Or Trump a désormais déclenché une telle guerre contre l’Iran. La question est donc la suivante : sa base électorale et le peuple américain la soutiendront-ils, ou même la toléreront-ils ?

Trump a déclaré la guerre à l’Iran et, avec Israël, a bombardé plusieurs villes, dont Téhéran, la capitale, tuant Ali Khamenei, le Guide suprême, ainsi que d’autres hauts responsables iraniens, et frappant des bases militaires et des installations nucléaires. L’Iran a riposté en attaquant Israël et des bases américaines à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, au Koweït, en Jordanie et à Oman ; la guerre est désormais régionale.

Trump a choisi la guerre

Une résolution diplomatique des différends entre les États-Unis et l’Iran était possible, mais Trump, qui se présente comme le « président de la paix », a choisi la guerre. Comme toujours en temps de guerre, des victimes innocentes sont à déplorer, telles que les 148 jeunes filles tuées par une frappe militaire sur une école en Iran. La guerre vient de commencer et des centaines de personnes ont déjà été tuées en Iran, certaines en Israël et dans d’autres pays, ainsi que trois soldats américains.

Trump a lancé la guerre en déclarant : « Notre objectif est de défendre le peuple américain en éliminant les menaces imminentes du régime iranien. Un groupe vicieux de gens très durs, terribles. Ses activités menaçantes mettent directement en danger les États-Unis, nos troupes, nos bases à l’étranger et nos alliés dans le monde entier. »

Trump a affirmé que la guerre était nécessaire parce que l’Iran disposerait bientôt d’armes nucléaires et de missiles capables d’atteindre les États-Unis. Des rapports du gouvernement américain ont pourtant nié ces deux affirmations. « Pour cette raison, a-t-il promis, nous allons détruire leurs missiles et raser leur industrie de missiles. » Se présentant comme un libérateur, il a ajouté : « Enfin, au grand et fier peuple d’Iran, je dis ce soir que l’heure de votre liberté a sonné… Quand nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Il sera à vous. » Il s’agit donc précisément du type de guerre de changement de régime que Trump, lorsqu’il était candidat à la présidence, avait promis d’éviter.

Quelles oppositions à cette guerre ?

Trump a déclenché la guerre sans consulter ni même informer le Congrès américain, qui, en vertu de la Constitution des États-Unis, est la seule institution habilitée à déclarer la guerre. Les démocrates avaient annoncé qu’ils prévoyaient de saisir le Congrès le 2 mars avec une résolution sur les pouvoirs de guerre, qui aurait empêché Trump d’attaquer l’Iran. Mais Trump les a pris de vitesse. Les démocrates présenteront cette semaine la résolution afin de tenter de stopper la guerre.

Certains démocrates comme certains républicains ont critiqué le virage guerrier de Trump. Le représentant républicain Thomas Massie, co-animateur de l’initiative à la Chambre visant à imposer un vote sur les pouvoirs de guerre, a qualifié les frappes contre l’Iran « d’actes de guerre non autorisés par le Congrès ». Le sénateur démocrate Ruben Gallego a déclaré : « J’ai perdu des amis en Irak dans une guerre illégale. Les jeunes de la classe ouvrière ne devraient pas payer le prix ultime pour un changement de régime et une guerre qui n’a pas été expliquée ni justifiée auprès du peuple américain. Nous pouvons soutenir le mouvement pour la démocratie et le peuple iranien sans envoyer nos troupes mourir. »

Dans plusieurs villes du pays, de petites manifestations ont eu lieu au début de la guerre, la plus importante ne rassemblant que quelques centaines de participantEs. CertainEs des organisateurEs soutiennent en réalité le gouvernement iranien, qu’ils qualifient d’« anti-impérialiste ». Mais le régime iranien bénéficie de peu de soutien populaire depuis que Khamenei a fait assassiner par les Gardiens de la révolution islamique entre 25 000 et 35 000 manifestantEs opposéEs au régime autoritaire en janvier.

Le peuple américain acceptera-t-il la guerre de Trump ? Sa base électorale se retournera-t-elle contre lui pour avoir violé sa promesse d’éviter ce type de conflit ? Les démocrates réussiront-ils à l’arrêter au Congrès ? Ou le mouvement antiguerre pourra-t-il le stopper dans la rue ? Tel est le défi qui nous attend.

Dan La Botz